Près de deux semaines après le tragique accident de la circulation survenu sur l’axe Touba-Biankouma, la justice ivoirienne passe à l’offensive. Dans un communiqué, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Touba annonce l’ouverture de deux informations judiciaires et le placement sous mandat de dépôt du propriétaire du car impliqué ainsi que du chef de gare de la compagnie Diarra Transport d’Odienné.
Le drame s’est produit le lundi 13 juillet 2026, aux environs de 9 h 45, à proximité du village de Zouzousso 3, sur l’axe reliant Touba à Biankouma. Selon les autorités judiciaires, le car de la compagnie Diarra Transport a quitté la chaussée après l’éclatement de son pneu avant droit. Le chauffeur, qui aurait perdu le contrôle du véhicule, a terminé sa course dans le fleuve Bafing, alors en pleine crue. Le car s’est retrouvé partiellement immergé, compliquant considérablement les opérations de secours.
Le bilan est particulièrement lourd, 39 personnes ont perdu la vie, dont le chauffeur et son apprenti, tandis que 45 passagers ont été blessés. Sept autres occupants sont sortis indemnes. Au total, 91 personnes se trouvaient à bord d’un véhicule dont la capacité maximale autorisée était de 69 places.
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Surcharge, vitesse excessive et irrégularités administratives
Les premiers résultats de l’enquête préliminaire révèlent plusieurs manquements graves. D’après le parquet, le véhicule circulait avec un nombre de passagers largement supérieur à sa capacité autorisée. Les enquêteurs évoquent également une vitesse excessive au moment des faits.
À ces infractions s’ajoutent plusieurs irrégularités administratives. Le car ne disposait ni d’une visite technique valide, ni d’une assurance automobile en règle, ni d’une carte de transport. Les investigations ont en outre fait apparaître de sérieux soupçons concernant l’utilisation de fausses plaques d’immatriculation.
Déféré devant le parquet le vendredi 24 juillet 2026, Inza Diarrassouba, âgé de 47 ans et propriétaire du véhicule accidenté, a été placé sous mandat de dépôt. Une information judiciaire a été ouverte contre lui pour homicides involontaires, blessures involontaires, défaut d’assurance automobile, défaut de visite technique, défaut de carte de transport, usage de fausses plaques d’immatriculation ainsi que mise en danger d’autrui. Ces faits sont prévus et réprimés par la législation ivoirienne relative à la police de la circulation ainsi que par les dispositions du Code pénal.
Le chef de gare également placé en détention
Quelques jours plus tard, le mardi 28 juillet 2026, Daouda Sylla, 59 ans, chef de gare de la compagnie Diarra Transport à Odienné, a lui aussi été présenté au parquet avant d’être placé sous mandat de dépôt. La justice lui reproche principalement le surnombre de passagers transportés à bord du car ainsi que la mise en danger d’autrui, des infractions qui feront désormais l’objet d’une instruction judiciaire.
Avec l’ouverture de ces deux informations judiciaires, le parquet entend faire toute la lumière sur les circonstances de l’un des accidents routiers les plus meurtriers enregistrés cette année en Côte d’Ivoire.

