Dans le podcast « Au cœur des convictions », Simone Ehivet Gbagbo revient sur son parcours politique, son rapport à Laurent Gbagbo ainsi que sur une expérience spirituelle vécue pendant ses années de détention à Odienné. L’ancienne prisonnière affirme notamment que ses convictions politiques ne découlent pas de son époux, même si celui-ci a, selon elle, nécessairement influencé son parcours.
Interrogée sur ce qu’aurait été sa trajectoire politique sans Laurent Gbagbo, Simone Ehivet Gbagbo estime qu’elle aurait pu devenir la femme politique qu’elle est aujourd’hui. Elle reconnaît toutefois que leur parcours commun a eu un impact sur sa vie politique, considérant que les individus s’influencent naturellement les uns les autres.
Elle insiste cependant sur l’origine de ses propres engagements.
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« Mes engagements, je les tiens de mon expérience, de mon vécu, de l’analyse de ma situation et de ma capacité à prendre des décisions », explique-t-elle, avant d’appeler chacun à construire ses propres choix et à en assumer les conséquences.
Selon elle, une décision peut conduire à de nouveaux progrès, mais peut également s’avérer mauvaise. Dans ce dernier cas, elle estime qu’il faut en tirer les enseignements, procéder aux corrections nécessaires et poursuivre son chemin.
Trois ans et demi de détention à Odienné
Simone Ehivet Gbagbo évoque également une période particulièrement marquante de son parcours : sa détention à Odienné, dans le nord de la Côte d’Ivoire. Elle raconte avoir vécu cette période avec un profond ressentiment envers le pouvoir arrivé après la perte du pouvoir de son camp. Elle dit avoir vécu cette situation comme un renversement par la force et la violence, avant de se retrouver elle-même en prison.
Dans ce contexte, elle affirme avoir choisi de s’accrocher à sa foi. Pendant les trois années et demie passées en détention à Odienné, elle explique avoir consacré l’essentiel de ses lectures à la Bible, mettant de côté ses autres ouvrages. C’est au cours de cette période qu’elle dit avoir découvert le Psaume 72, attribué au roi Salomon. Elle raconte avoir été particulièrement touchée par ce texte, dans lequel Salomon demande à Dieu de l’aider à bien gouverner et à agir pour son peuple.
La lecture de ce psaume lui aurait d’abord fait penser à Laurent Gbagbo. Elle explique avoir regretté de ne pas avoir découvert ce texte plus tôt afin de pouvoir le lire pour son époux lorsqu’il accédait au pouvoir.
Elle raconte ensuite avoir eu, dans son esprit, cette réponse : « Ce n’est pas pour Gbagbo que je t’ai conduite à ce texte, mais pour Alassane Ouattara. »
Cette perspective, dit-elle, l’aurait profondément déstabilisée compte tenu de son ressentiment envers Alassane Ouattara et de la situation dans laquelle elle se trouvait alors.
Elle explique avoir alors contesté, dans ses prières, cette demande qu’elle attribue à Dieu. Selon son récit, elle aurait rappelé les événements vécus en Côte d’Ivoire et les responsabilités qu’elle attribuait au pouvoir en place dans sa propre situation. Elle affirme toutefois avoir reçu à trois reprises la même demande : prier pour Alassane Ouattara à partir de ce texte biblique.
Une prière qui, selon son récit, transforme son regard
Après cette troisième demande, Simone Ehivet Gbagbo dit avoir décidé d’obéir, tout en précisant que son cœur n’était pas en accord avec cette démarche. Elle raconte avoir alors demandé que son obéissance soit considérée malgré l’absence de conviction personnelle. Elle affirme avoir commencé à réciter le texte matin et soir pendant une semaine.
Les trois premiers jours, explique-t-elle, les paroles sortaient de sa bouche sans correspondre à ce qu’elle ressentait intérieurement. Elle dit toutefois avoir poursuivi cette pratique. À partir du quatrième jour, son état d’esprit aurait commencé à évoluer. Elle raconte que son cœur a progressivement accepté la démarche.
Les cinquième, sixième et septième jours, elle affirme avoir finalement récité le texte « avec joie » pour Alassane Ouattara. Elle décrit cette évolution comme une guérison intérieure, marquée, selon ses propres termes, par la disparition des pleurs, des larmes et des lamentations.
Elle conclut ce récit en expliquant avoir ensuite vécu « joyeuse » à Odienné durant le reste de ses trois années et demie de détention.

