À l’occasion de la 49ᵉ édition de « La Tribune du Parti », le PPA-CI a placé la question de l’emploi des jeunes au centre du débat. Le parti de Laurent Gbagbo estime que la performance économique de la Côte d’Ivoire doit désormais être évaluée à l’aune de son impact concret sur la jeunesse.
La Côte d’Ivoire peut-elle se satisfaire d’une croissance économique soutenue si une importante partie de sa jeunesse peine encore à accéder à un emploi stable ?
C’est autour de cette question que le PPA-CI a organisé, mardi 11 août 2026, une nouvelle édition de « La Tribune du Parti », au siège de la formation politique à Cocody-Riviera Bonoumin.
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Consacrée au thème « Emploi des jeunes et entrepreneuriat : quel bilan après quinze ans de gouvernance du RHDP ? », la rencontre a été animée par Fabrice Lago, alias Steve Beko, Secrétaire général adjoint chargé du pilier « Emploi des jeunes et Entrepreneuriat » du pacte social du PPA-CI.
Devant la presse, le responsable politique a livré une lecture critique des politiques publiques mises en œuvre depuis 2011, tout en plaidant pour une nouvelle approche économique et sociale davantage orientée vers la création d’emplois durables et l’inclusion de la jeunesse.
Le PPA-CI reconnaît la progression économique, mais questionne ses retombées
Fabrice Lago n’a pas contesté les performances économiques enregistrées par la Côte d’Ivoire depuis 2011. Il estime toutefois que les indicateurs macroéconomiques ne suffisent pas à mesurer les effets réels de cette croissance.
« Depuis 2011, la Côte d’Ivoire a enregistré une croissance économique importante. Mais une question demeure : qu’a-t-elle réellement produit pour la jeunesse ivoirienne ? », s’est-il interrogé.
Pour étayer son analyse, le responsable du PPA-CI affirme s’être appuyé sur des statistiques nationales et internationales, ainsi que sur des rapports publics et des données communiquées par les autorités. À ses yeux, après quinze années de politiques d’insertion, l’enjeu consiste désormais à déterminer si ces différents programmes ont réellement permis d’améliorer durablement les conditions de vie de la majorité des jeunes Ivoiriens.
Parmi les données mises en avant figure celle relative aux jeunes dits NEET, c’est-à-dire les personnes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. Steve Beko estime, sur la base des chiffres qu’il a présentés, que plus de 2,1 millions de jeunes Ivoiriens se trouvent dans cette situation. Selon les chiffres présentés par Steve Beko, plus de 2,1 millions de jeunes Ivoiriens seraient concernés par cette situation. Un niveau qui, selon lui, révèle les difficultés persistantes d’insertion d’une partie importante de la population jeune.
« Plus de deux millions de parcours interrompus, plus de deux millions de compétences insuffisamment valorisées et plus de deux millions de jeunes privés d’opportunités », a-t-il déploré.
Cette situation conduit le PPA-CI à questionner l’efficacité à long terme des différents mécanismes déployés par l’État, notamment le PEJEDEC, l’Agence Emploi Jeunes et les dispositifs de financement destinés aux entrepreneurs.
L’informel, autre défi du marché du travail
Au-delà du nombre d’emplois créés, le PPA-CI s’est également intéressé à leur qualité. Fabrice Lago a notamment souligné le poids du secteur informel dans l’économie ivoirienne. S’appuyant sur des données officielles, il a évoqué une proportion d’environ 82,3 % des emplois relevant de l’informel. Une situation qui soulève, selon lui, la question de la protection des travailleurs et de la stabilité des emplois.
Le responsable politique estime que de nombreux travailleurs restent exposés à une absence de contrat formel, de protection sociale, de retraite ou encore de couverture contre les risques professionnels.
Avec cette rencontre, le parti de Laurent Gbagbo entend replacer l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes au cœur du débat sur le développement économique ivoirien. Pour Steve Beko, la priorité ne devrait plus consister uniquement à comptabiliser les programmes et les financements mobilisés, mais à mesurer leurs résultats concrets sur le terrain.
Cette vision s’inscrit dans le pacte social défendu par le PPA-CI, qui met notamment en avant la justice sociale, la création d’emplois, le soutien à l’entrepreneuriat, l’égalité des chances et le rétablissement de la confiance entre l’État et la jeunesse.
La formation politique entend ainsi faire de l’insertion professionnelle des jeunes un indicateur central de l’efficacité de l’action publique, dans un contexte où la croissance économique ivoirienne doit désormais relever le défi de sa transformation en opportunités concrètes pour la population.


