Le projet de la FIFA d’ouvrir une partie des activités commerciales de ses compétitions à des investisseurs privés suscite une vive opposition en Europe. À peine dévoilée, l’initiative baptisée FIFA Forward Enterprise (FFE) a déclenché une confrontation entre l’instance mondiale du football et l’Union des associations européennes de football (UEFA), qui évoque déjà la possibilité d’un boycott.
Selon plusieurs médias britanniques, les fédérations européennes doivent tenir une réunion d’urgence afin d’examiner leur réponse face à cette réforme portée par le président de la FIFA, Gianni Infantino.
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La FIFA veut lever plus de 4 milliards de dollars
Présenté cette semaine, le projet FIFA Forward Enterprise prévoit la création d’une nouvelle société chargée de gérer les activités commerciales des principales compétitions de la FIFA. Cette entité regrouperait notamment les droits de diffusion, le sponsoring, la billetterie, les licences et l’exploitation commerciale de tournois comme la Coupe du monde et la Coupe du monde des clubs.
Pour financer son développement, la FIFA envisage de céder des participations minoritaires à des investisseurs privés. L’opération pourrait permettre de lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation estimée à 20 milliards de dollars. L’instance mondiale affirme qu’elle conservera la majorité du capital ainsi que le contrôle exclusif de la gouvernance et des décisions sportives. Elle assure également que les ressources dégagées serviront à financer le développement du football dans le monde.
L’UEFA dénonce une ligne rouge
Ces garanties n’ont pas convaincu l’UEFA. Dans un communiqué particulièrement ferme, l’organisation européenne estime que ce projet franchit une « ligne rouge » et remet en cause les principes de gouvernance du football.
L’instance présidée par Aleksander Čeferin affirme que « l’âme et la gouvernance du football ne sont pas des actifs à vendre » et regrette le manque de transparence entourant cette initiative. L’UEFA estime également que la FIFA n’a pas suffisamment consulté les fédérations nationales avant de dévoiler son projet.
La menace d’un boycott prend forme
Face à cette situation, les associations membres de l’UEFA prévoient une réunion d’urgence afin d’adopter une position commune. Selon Sky Sports News, plusieurs fédérations envisageraient d’utiliser la menace d’un boycott des compétitions organisées par la FIFA si le projet était maintenu en l’état. Aucune décision officielle n’a encore été prise, mais cette hypothèse illustre les fortes tensions qui opposent actuellement les deux principales instances du football mondial.
La Football Association (FA) a également fait part de son étonnement. Dans une déclaration, la fédération anglaise affirme n’avoir reçu aucune information préalable sur cette réforme et déplore l’absence de concertation. Elle indique attendre la présentation officielle du projet avant de formuler une position définitive, tout en exprimant déjà de sérieuses inquiétudes sur les questions de gouvernance et de transparence.
Andy Burnham : « Le football appartient aux supporters »
Le débat a également gagné la sphère politique. Le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, a vivement critiqué le projet sur le réseau social X.
« Le football n’appartient pas aux investisseurs. Il appartient aux personnes qui remplissent les tribunes semaine après semaine », a-t-il déclaré, estimant que les intérêts financiers ne devaient pas prendre le pas sur les valeurs du sport.
La FIFA défend sa réforme
Face aux critiques, la FIFA tente de rassurer ses membres. L’organisation précise que le projet n’en est qu’au stade des consultations et qu’aucune décision définitive ne sera prise sans l’approbation des associations nationales. Elle confirme également que la banque américaine JP Morgan intervient comme conseiller financier sur l’opération. Selon plusieurs médias, le fonds d’investissement Thrive Capital ferait partie des investisseurs intéressés par le projet.
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Cette controverse intervient dans un contexte de relations déjà tendues entre la FIFA et l’UEFA. Le président de l’instance européenne, Aleksander Čeferin, avait déjà manifesté son désaccord avec la gouvernance de la FIFA à plusieurs reprises ces derniers mois.

