Charles Blé Goudé entretient ses ambitions pour la prochaine élection présidentielle. En déplacement à Krindjabo, dans le royaume du Sanwi, le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP) a réaffirmé son intention de briguer la magistrature suprême, mais à une condition : retrouver son inscription sur la liste électorale.
L’annonce a été faite samedi 2 août 2026, à l’occasion de la 9ᵉ étape du « Café politique », une initiative lancée par l’ancien ministre de la Jeunesse pour favoriser des échanges directs avec les populations à travers le pays.
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Le « Café politique », une plateforme de dialogue avec les citoyens
Après plusieurs étapes à Cocody, San Pedro, Bouaké et dans d’autres localités, Krindjabo a accueilli cette tribune présentée comme un espace de discussion libre entre Charles Blé Goudé et les citoyens. Avant sa rencontre avec les populations, Charles Blé Goudé a effectué des visites de courtoisie auprès du roi du Sanwi, Nanan Amon N’Douffou V, ainsi que du maire d’Aboisso, Jérémie Alfred N’Gouan, avant de rejoindre le foyer des jeunes où l’attendaient ses sympathisants.
Devant son auditoire, le président du COJEP a choisi de revenir sur une période marquante de son parcours politique. Il a projeté plusieurs vidéos retraçant son passage à la DST puis sa détention à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. Selon lui, cette séquence visait à répondre aux personnes qui contestent encore la réalité de son incarcération.
« Quand le mensonge court, il faut pouvoir l’arrêter, sinon il finit par devenir la vérité. J’ai voulu vous montrer ces vidéos non pas pour vous révolter, mais pour vous montrer la vérité de ce que j’ai vécu. Respectez ceux qui ont vécu certaines épreuves », a-t-il déclaré.
Interrogé sur ses intentions pour la présidentielle, Charles Blé Goudé a été catégorique. Sa participation dépend, selon lui, d’une seule condition : sa réinscription sur la liste électorale.
« Si mon nom est remis sur la liste électorale, je serai candidat », a affirmé le leader du COJEP.
Cette position marque une évolution par rapport à ses déclarations antérieures. Il avait auparavant évoqué l’hypothèse de ne pas se présenter en cas de candidature de Laurent Gbagbo. Désormais, il présente son retour sur la liste électorale comme le principal préalable à son engagement dans la course présidentielle. Tout en affirmant ses ambitions, il insiste sur une méthode politique fondée sur la paix.
« Je veux porter la voix des pauvres de la Côte d’Ivoire dans la paix, jamais dans la violence », a-t-il déclaré.
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Charles Blé Goudé rejette les accusations de trahison
La question de ses relations avec Laurent Gbagbo a également occupé une partie des échanges. Accusé par certains de s’être éloigné de son ancien mentor, le président du COJEP a rejeté toute idée de trahison. Revenant sur leur détention commune à La Haye, il affirme avoir toujours œuvré pour la libération de l’ancien chef de l’État ivoirien.
« Nous n’étions que deux là-bas. En tant que prisonnier, je ne demandais pas ma propre libération. Je demandais celle du président Laurent Gbagbo. À La Haye, j’ai été plus son avocat que le mien, alors que j’étais moi aussi prisonnier. Je ne l’ai jamais trahi », a-t-il expliqué.
Toutefois, Charles Blé Goudé a indiqué vouloir désormais tourner cette page et ne plus commenter publiquement ses relations avec son ancien allié. Il privilégie une opposition politique basée sur les idées plutôt que sur les attaques personnelles.
« N’attendez plus de moi que j’insulte qui que ce soit. Désormais, ce seront des oppositions d’idées », a-t-il affirmé.
Jeunesse : Charles Blé Goudé mise sur la formation et l’agriculture
Au-delà des enjeux électoraux, le président du COJEP a consacré une partie de son intervention aux défis économiques et sociaux auxquels fait face la jeunesse ivoirienne. Il a notamment établi une distinction entre l’emploi et l’employabilité. Selon lui, la création d’emplois doit nécessairement s’accompagner d’une politique renforcée de formation afin de permettre aux jeunes de disposer des compétences adaptées au marché du travail.
Charles Blé Goudé a également insisté sur la nécessité de renforcer l’éducation civique.
« Je vais former les jeunes à ne pas voler l’argent de notre pays. Je vais leur apprendre à respecter les biens publics, à ne pas détourner les fonds publics et à défendre les valeurs de la République », a-t-il déclaré.
Agriculture et orpaillage illégal : les autres préoccupations du Sanwi
Le président du COJEP a également appelé les jeunes à considérer l’agriculture comme une opportunité économique durable. Il a regretté que certains associent encore la réussite uniquement à un départ vers l’Europe, notamment à travers les routes de la migration clandestine.
Prenant l’exemple de la culture du gingembre, qu’il considère comme une filière à fort potentiel, il a encouragé les jeunes à investir dans la production agricole. Il a rappelé exploiter lui-même des plantations familiales de cacao, de café et de bananes, estimant que la terre constitue un levier d’autonomisation économique.
Les échanges ont enfin porté sur les conséquences de l’orpaillage illégal dans le Sanwi. Charles Blé Goudé a exprimé ses préoccupations face aux impacts environnementaux et sociaux de cette activité sur les communautés locales.
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