Une nouvelle vague de désinformation cible la Police nationale ivoirienne. Depuis plusieurs heures, une prétendue « note d’information » annonçant la fin des fonctions du Directeur général de la Police nationale (DGPN), le Général Youssouf Kouyaté, circule massivement sur les réseaux sociaux.
Présenté comme un document émanant de la Présidence de la République, le faux visuel affirme qu’un décret signé le 23 juillet 2026 aurait nommé l’Inspecteur général de Police, Siaka Dosso, Directeur général par intérim.
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La Police nationale dénonce une « Fake News »
La Direction générale de la Police nationale a rapidement mis fin aux spéculations. Sur sa page Facebook officielle, elle a publié le document litigieux en y apposant la mention « FAKE NEWS », confirmant qu’aucune décision de cette nature n’a été prise. À ce stade, le Général Youssouf Kouyaté demeure donc Directeur général de la Police nationale, contrairement aux informations relayées sur les réseaux sociaux.
Cette fausse annonce s’ajoute à une longue série de manipulations visant les forces de sécurité ivoiriennes. Au fil des dernières années, plusieurs faux communiqués attribués à la Police nationale ont circulé sur internet. Parmi eux figurent une prétendue suspension des contrôles routiers à Cocody, un faux incendie de la résidence du Directeur général ou encore de supposées arrestations de hauts responsables de la Police, notamment celle du Général Siaka Dosso en 2024.
Les autorités ont également dû faire face à de faux recrutements dans la Police, à des usurpations d’identité de responsables de la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité (PLCC) et à diverses escroqueries en ligne destinées à soutirer de l’argent aux citoyens.
Un contexte marqué par la multiplication des intox
À l’approche des prochaines échéances électorales, les campagnes de désinformation se multiplient en Côte d’Ivoire. La Présidence de la République, les institutions judiciaires, les forces de défense et de sécurité ainsi que plusieurs administrations publiques figurent parmi les principales cibles de documents falsifiés et de contenus manipulés.
Le maintien du Général Youssouf Kouyaté, en poste depuis janvier 2017, fait régulièrement l’objet de spéculations. Avec plus de neuf années à la tête de la Police nationale, il demeure l’un des responsables sécuritaires les plus anciens de l’administration ivoirienne. Dans son communiqué, la Direction générale de la Police nationale adopte un ton ferme face à cette nouvelle intox.
« Les auteurs de cette fausse information seront retrouvés par la Police », avertit l’institution.
Ce n’est pas la première fois que des auteurs de fausses informations sont poursuivis. Ces derniers mois, plusieurs administrateurs de pages et cyberactivistes ont été interpellés par la PLCC pour diffusion de fausses nouvelles ou manipulation de contenus numériques.
Des sanctions pénales prévues par la loi
La législation ivoirienne réprime sévèrement la diffusion de fausses informations. L’article 173 du Code pénal prévoit une peine d’un à trois ans d’emprisonnement ainsi qu’une amende comprise entre 500 000 et 5 millions de FCFA pour toute personne diffusant des informations mensongères susceptibles de porter atteinte aux institutions ou de troubler l’ordre public.
Lorsque les infractions sont commises au moyen des technologies numériques, la loi relative à la lutte contre la cybercriminalité peut également s’appliquer. Selon la qualification retenue par la justice, les peines peuvent atteindre 10 ans d’emprisonnement et 10 millions de FCFA d’amende.


