Moïse Lida Kouassi, ancien ministre ivoirien de la Défense et figure du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), a été remis en liberté ce lundi 6 juillet 2026. Une source au sein du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), dirigé par l’ancien président Laurent Gbagbo, a confirmé l’information à Linfodrome.
Les autorités n’avaient pas encore précisé, à ce stade, les modalités ni les fondements juridiques de cette décision. Cette remise en liberté met toutefois un terme à près de onze mois de détention.
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Une arrestation dans un contexte de tensions à Yopougon
La justice avait placé Moïse Lida Kouassi sous mandat de dépôt le 11 août 2025, à la suite de son inculpation par la section antiterroriste du tribunal d’Abidjan.
Son arrestation était intervenue quelques jours après des violences urbaines enregistrées dans la commune de Yopougon. Les autorités judiciaires le poursuivaient notamment pour des faits qualifiés d’actes de terrorisme, de participation à un mouvement insurrectionnel, de complot contre l’autorité de l’État ainsi que de dégradations et d’incendies volontaires de véhicules.
Âgé de 70 ans, Moïse Lida Kouassi compte parmi les principales figures politiques de la gauche ivoirienne. Enseignant-chercheur en études germaniques à l’université de Cocody, il est également titulaire d’un doctorat en science politique, spécialité défense et stratégie générale, obtenu à l’université de Strasbourg.
Après un engagement dans le syndicalisme universitaire, il avait rejoint le Front populaire ivoirien (FPI) dès sa création en 1990 avant de devenir l’un des proches collaborateurs de Laurent Gbagbo. Après l’accession de Laurent Gbagbo au pouvoir en 2000, celui-ci avait nommé Moïse Lida Kouassi ministre de la Défense. Il avait ensuite été élu député à l’Assemblée nationale.
Un parcours marqué par plusieurs procédures judiciaires
Depuis la crise postélectorale de 2010-2011, la justice ivoirienne a engagé plusieurs procédures contre Moïse Lida Kouassi. Après la chute du régime Gbagbo, les autorités togolaises avaient arrêté Moïse Lida Kouassi à Lomé en juin 2012, avant de l’extrader vers la Côte d’Ivoire. La justice l’avait ensuite condamné, le 18 janvier 2018, à quinze ans de prison pour complot contre l’autorité de l’État dans une affaire de tentative présumée de déstabilisation du pouvoir.
Quelques mois plus tard, il avait toutefois recouvré la liberté grâce à l’ordonnance d’amnistie générale signée le 8 août 2018 par le président Alassane Ouattara. La remise en liberté de Moïse Lida Kouassi intervient alors que le débat sur la réforme de la gouvernance électorale continue d’animer la scène politique ivoirienne.
Elle survient également plusieurs mois après l’investiture du président Alassane Ouattara pour un quatrième mandat, dans un climat où les questions liées au dialogue politique et à l’apaisement demeurent au cœur des discussions entre le pouvoir et l’opposition.
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