Politique




Côte d’Ivoire : l’activiste Zigui Ibrahim condamné à cinq ans de prison pour « provocation à l’insurrection »

Le tribunal du Plateau a condamné, ce lundi 18 mai 2026, l’activiste ivoirien Zigui Ibrahim à cinq ans de prison…

Le tribunal du Plateau a condamné, ce lundi 18 mai 2026, l’activiste ivoirien Zigui Ibrahim à cinq ans de prison ferme et à une amende de 20 millions de FCFA. La justice l’a reconnu coupable de « provocation à l’insurrection » et de « trouble à l’ordre public ».

Cette décision judiciaire suscite déjà de nombreuses réactions dans les milieux politiques, associatifs et sur les réseaux sociaux, où l’affaire alimente un vaste débat sur les limites de la liberté d’expression en ligne en Côte d’Ivoire.

 

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L’affaire trouve son origine dans une vidéo diffusée avant l’élection présidentielle de 2025. Dans cette intervention relayée massivement sur les réseaux sociaux, Zigui Ibrahim appelait les Ivoiriens à se mobiliser lors de la proclamation de la liste des candidatures par le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire.

« Les yeux des Ivoiriens sont rivés vers le Conseil constitutionnel (…) Sors avec ton maillot, c’est une finale que nous allons jouer », déclarait-il notamment dans cette vidéo devenue virale.

Les autorités sécuritaires avaient rapidement estimé que ces propos pouvaient provoquer des troubles à l’ordre public dans un contexte électoral jugé sensible. Les autorités ont ensuite interpellé l’activiste puis l’ont placé sous procédure judiciaire.

Une affaire qui divise l’opinion

 

Depuis son arrestation, l’affaire a profondément divisé l’opinion publique ivoirienne. Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent une atteinte à la liberté d’expression sur les réseaux sociaux.

Des internautes critiquent également une menace contre l’engagement politique des jeunes. À l’inverse, certains responsables politiques défendent la nécessité de préserver la stabilité du pays. Ils dénoncent des discours susceptibles d’alimenter des tensions ou des manifestations incontrôlées.

Quelques mois après la polémique, Zigui Ibrahim avait tenté d’apaiser les tensions. Dans un communiqué publié le 28 février 2026, il avait présenté des excuses publiques à Chantal Camara, reconnaissant le caractère « déplacé » et « irrespectueux » de sa vidéo. Il avait écrit : « Aujourd’hui, avec beaucoup de recul, je réalise que cette vidéo était très déplacée. » Malgré cette démarche, le tribunal a maintenu une ligne ferme dans sa décision.

Cette condamnation relance le débat sur la régulation des contenus politiques sur les réseaux sociaux en période électorale. L’affaire remet au centre des discussions le rôle des cyber activistes dans l’espace public ivoirien. Elle relance aussi le débat sur l’équilibre entre ordre public et libertés démocratiques.

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