Ce Jeudi 13 août 2026, à la faveur d’une cérémonie tenue à la mairie de Yopougon, le COJEP a sollicité l’intervention d’Adama Bictogo auprès du président Alassane Ouattara pour faire avancer le dossier de Charles Blé Goudé. Le parti entend ainsi s’appuyer sur la dynamique de rapprochement observée ces derniers jours dans le paysage politique ivoirien.
La cérémonie, organisée par le comité chargé de la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, a offert une tribune à Joël Poté, vice-président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP).
Au nom du COJEP, il a adressé deux demandes précises au président de l’Assemblée nationale afin que celui-ci les transmette au chef de l’État. Le parti réclame d’une part la réintégration de Charles Blé Goudé sur la liste électorale, dont il reste exclu, et d’autre part la levée du gel de ses comptes bancaires. Pour formuler sa demande, Joël Poté s’est appuyé sur un dicton africain évoquant la fumée qui transporte les vœux vers le ciel.
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« Je vais déposer nos doléances à vos pieds », a-t-il conclu.
Le COJEP invoque l’esprit de rapprochement
Joël Poté inscrit cette démarche dans le prolongement des récentes célébrations de la fête de l’Indépendance. Il a notamment rappelé la décision du COJEP de prendre part aux cérémonies du 7 août, une participation qu’il présente comme le signe d’une possibilité de rassemblement entre formations politiques rivales autour d’un événement national.
Pour le vice-président du parti, cette entente ponctuelle peut désormais dépasser le cadre symbolique. Il insiste toutefois sur le fait que les revendications concernant Charles Blé Goudé ne constituent pas une contrepartie à la participation du COJEP aux festivités. Le parti souhaite plutôt s’appuyer sur cette dynamique pour favoriser une ouverture sur les dossiers concernant son leader.
Pourquoi Blé Goudé reste exclu des listes électorales
L’exclusion de Charles Blé Goudé des listes électorales découle d’une condamnation prononcée par contumace en 2019. L’ancien chef de file des Jeunes Patriotes avait alors écopé de 20 ans de prison pour des faits de torture, d’homicides volontaires et de viol, ainsi que de dix ans de privation de ses droits et de 200 millions de francs CFA de dommages-intérêts au profit des ayants droit des victimes.
Cette condamnation ivoirienne intervient alors que Charles Blé Goudé avait été acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) dans le cadre de son procès portant sur les violences postélectorales de 2010-2011. L’ancien leader des Jeunes Patriotes conteste toujours la décision de la justice ivoirienne. Il dénonce notamment une décision politique et injustifiée et estime que la CPI l’ayant acquitté pour des faits similaires, la justice ivoirienne ne devrait pas le condamner.
En sollicitant Adama Bictogo, le COJEP entend donc obtenir une ouverture auprès de la présidence sur les questions électorale et financière liées à Charles Blé Goudé.
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