Le retour du Djidji Ayôkwé a donné une forte dimension culturelle aux célébrations du 66e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Accueilli vendredi 7 août 2026 à Adjamé-village par la communauté Ébrié, le mythique tambour parleur a été célébré en présence de la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, ainsi que de nombreuses autorités et populations.
À la place Akosso Gban Hin, à Adjamé-village, dans la commune d’Adjamé, l’émotion était au rendez-vous pour accueillir le Djidji Ayôkwé. La ministre Françoise Remarck a assisté aux différentes prestations culturelles organisées pour marquer ce retour historique. Une dizaine de groupes traditionnels venus de plusieurs villages ont animé la cérémonie à travers des danses et diverses expressions du patrimoine Ébrié.
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Un symbole de pardon et de réconciliation
Pour la communauté Ébrié, la restitution du tambour dépasse la seule dimension patrimoniale. Mobio Prospère, secrétaire général de la chefferie Abidjan-Adjamé, a ainsi souhaité que ce retour soit placé sous le signe du pardon, de la cohésion sociale et de la réconciliation.
« Ce retour du Djidji Ayôkwé doit être sous le signe du pardon et de la cohésion sociale », a-t-il déclaré, tout en saluant un événement attendu depuis plusieurs décennies.
Le retour de cet objet emblématique est ainsi présenté comme une occasion de renforcer les liens au sein de la communauté et, plus largement, entre les différentes populations vivant en Côte d’Ivoire. Le Djidji Ayôkwé est un imposant tambour à fente de plus de trois mètres de long, pour un poids estimé à environ 400 kilogrammes.
Issu du peuple Ébrié d’Abidjan, il occupait autrefois une place importante dans la communication entre les villages. Ses sonorités permettaient notamment de transmettre des alertes, des ordres et des messages codés sur de longues distances. Cette fonction stratégique explique notamment pourquoi l’objet avait été confisqué par les autorités coloniales en 1916. Après plus d’un siècle hors de son pays d’origine, le tambour a finalement été restitué à la Côte d’Ivoire le 20 février 2026.
Laurent Tchagba salue la restitution
Le conseiller à la présidence de la République, Laurent Tchagba, a rendu hommage aux différents acteurs ayant contribué au retour du Djidji Ayôkwé. Selon lui, cette restitution répond à la volonté du président Alassane Ouattara de permettre au peuple Atchan de retrouver une partie importante de son histoire et de son patrimoine.
Laurent Tchagba a également insisté sur la portée du retour du tambour pour la cohésion nationale. Il estime que cet événement doit contribuer à consolider les liens entre le peuple Atchan et les autres communautés installées en Côte d’Ivoire.
Le maire d’Adjamé, Farikou Soumahoro, s’est lui aussi réjoui de la restitution du tambour, qu’il a qualifiée d’acte d’une grande envergure. Pour l’élu, la présence du Djidji Ayôkwé sur le territoire ivoirien constitue désormais un symbole fort du patrimoine national. Après sa présentation au public, le tambour doit retourner au musée. Une grande cérémonie est également prévue pour lui rendre hommage.
Le Djidji Ayôkwé présenté à la Nation à Yopougon
Quelques heures avant son accueil à Adjamé-village, le Djidji Ayôkwé avait été officiellement présenté à la Nation lors du défilé militaire organisé à Yopougon à l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance. La cérémonie, placée sous le thème « Forces de défense et de sécurité (FDS) au service de la paix, de l’unité et du développement », a réuni le président Alassane Ouattara, les membres du gouvernement, la haute hiérarchie militaire, les diplomates, les chefs traditionnels et plusieurs représentants de la société civile.
Après 110 années d’absence, le retour du Djidji Ayôkwé s’inscrit ainsi au cœur des célébrations nationales, entre mémoire, patrimoine et volonté de renforcer la cohésion sociale.

