L’affaire secoue la chaîne de distribution SOCOCE. À l’issue des débats, le procureur de la République a requis sept ans de prison ferme contre l’ancienne gérante de l’agence de Soubré, poursuivie aux côtés du magasinier et du chauffeur. Le ministère public a également demandé cinq ans d’emprisonnement ferme contre chacun des deux co-prévenus et le paiement solidaire de 381 millions FCFA.
Avant les réquisitions du parquet, l’avocat de la partie civile, représentant SOCOCE, avait réclamé 130 millions FCFA de dommages et intérêts en réparation du préjudice subi.
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Le tribunal a mis l’affaire en délibéré au 31 juillet 2026.
Des irrégularités de plus de 126 millions FCFA relevées par un audit À la barre, le représentant de SOCOCE a retracé l’origine de la plainte. Selon lui, une mission de contrôle diligentée en septembre 2023 a mis au jour de nombreuses anomalies dans la gestion de l’agence de Soubré. Les contrôleurs affirment avoir découvert un important écart entre les montants déclarés en caisse et les sommes effectivement disponibles. Alors que la gérante avait déclaré 31,1 millions FCFA, les vérificateurs n’ont retrouvé que 67 000 FCFA.
L’audit aurait également révélé que 19,8 millions FCFA recouvrés auprès de clients n’avaient pas été reversés à l’entreprise. Les investigations menées auprès des débiteurs auraient montré que plusieurs d’entre eux avaient déjà réglé leurs factures, alors qu’ils apparaissaient toujours comme redevables dans les registres.
À cela s’ajouterait un écart de plus de 41 millions FCFA entre le stock physique et le stock comptabilisé. Selon la partie civile, le préjudice global s’élève à 126,49 millions FCFA.
L’ex-gérante reconnaît des erreurs, mais nie tout détournement
Interrogée par le tribunal, l’ancienne responsable de l’agence n’a pas contesté les irrégularités relevées.
« Je ne nie pas les faits. À un moment donné, il y a eu un manque de vigilance de ma part. Ma responsabilité est engagée », a-t-elle déclaré.
Elle a toutefois rejeté les accusations de détournement de fonds, attribuant les anomalies à des dysfonctionnements internes. Selon elle, certaines caissières modifiaient ou supprimaient des données dans le système informatique, tandis que des écarts de stocks se multipliaient. Elle affirme avoir alerté sa hiérarchie sur ces difficultés. Concernant les créances encaissées mais non reversées, elle a reconnu avoir procédé à de fausses inscriptions comptables afin de masquer les écarts de stocks.
« Je n’ai pas détourné l’argent. Je n’ai simplement pas pu justifier ces écarts », a-t-elle soutenu.
Le parquet met en doute ses explications
Face aux explications de la prévenue, le procureur de la République s’est montré particulièrement offensif. Il l’a interrogée sur la disparition des fonds, les écarts constatés dans les stocks ainsi que sur l’évolution de son train de vie durant sa gestion de l’agence. Le ministère public s’est également intéressé à un maquis appartenant à son époux, se demandant si cet établissement s’approvisionnait auprès de SOCOCE sans paiement régulier.
L’ex-gérante a assuré que toutes les marchandises étaient accompagnées de factures, tout en reconnaissant ne pas disposer immédiatement des preuves. Questionnée sur la destination des 127 millions FCFA manquants, elle a répondu ne pas être en mesure de l’expliquer.
« J’ai manqué de vigilance. Je n’ai pas été à la hauteur », a-t-elle déclaré devant le tribunal.
Le chauffeur et le magasinier également poursuivis
Les deux autres prévenus, le magasinier et le chauffeur, comparaissent pour leur implication présumée dans cette affaire. À la barre, le chauffeur a affirmé avoir transporté à plusieurs reprises des marchandises sans bons de livraison ni reçus, expliquant avoir agi à la demande du magasinier. Ces déclarations alimentent les soupçons de dysfonctionnements dans la gestion des stocks au sein de l’agence.
Avant la clôture des débats, invitée à prendre la parole une dernière fois, l’ancienne gérante a quitté le terrain des explications comptables pour évoquer sa situation familiale. Demandant la clémence du tribunal, elle a expliqué que sa fille de dix ans avait été victime d’abus sexuels et qu’une procédure était en cours devant le parquet de Soubré.
« Mes enfants ont besoin de moi. Je vous demande de revoir votre sentence », a-t-elle lancé, suscitant une vive émotion dans la salle d’audience où plusieurs membres de sa famille ont fondu en larmes.
Le tribunal rendra sa décision le 31 juillet 2026.

