Le procès d’Adnane Achirou et de ses co-prévenus s’est poursuivi ce lundi 20 juillet devant le Pôle pénal économique et financier (PPEF). Au cœur des débats : un litige commercial autour de l’achat de fonds de tasse d’hévéa et un préjudice de 201 millions de FCFA revendiqué par les plaignants.
Après le renvoi de l’audience du 16 juillet, les plaignants, les prévenus et leurs avocats étaient cette fois tous présents devant le tribunal. Pendant plus de deux heures, Bini Kouabena et Tah Kobena Thomas ont détaillé les circonstances du litige qui les oppose aux dirigeants des sociétés et coopératives poursuivies.
À l’issue des débats, la présidente du tribunal a renvoyé l’affaire au lundi 27 juillet 2026 pour la poursuite des audiences.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Un litige commercial autour de 395 millions FCFA
Selon les plaignants, l’origine du différend remonte à un partenariat entre la Compagnie ivoirienne d’hévéa (CIH), la société Prime Prestige, la coopérative COPHEZ et la Coopérative des planteurs d’hévéa du Zanzan (PCNB). Ils expliquent avoir versé 395 millions de FCFA à la coopérative COPHEZ pour l’achat de fonds de tasse destinés à l’usine.
« Nous avons remis 395 millions FCFA à la société COPHEZ pour l’achat des fonds de tasse. Six mois plus tard, nous n’avons reçu ni les produits ni notre argent », ont déclaré les plaignants à la barre.
Selon leurs explications, COPHEZ leur aurait indiqué avoir transféré les fonds à la coopérative PCNB, faute d’agrément pour exercer cette activité.
« Nous réclamons 201 millions FCFA »
Interrogés par le parquet, les plaignants ont précisé que leur demande porte sur 201 millions de FCFA.
« Ce que nous réclamons, c’est l’argent remis au responsable de PCNB pour acheter le produit, soit 201 millions FCFA », ont-ils affirmé.
Ils reprochent également à Mohamed Achirou, dirigeant de Prime Prestige, d’avoir effectué des paiements qu’ils jugent irréguliers dans le cadre de l’exécution du contrat signé avec la CIH.
« Nous reprochons à M. Achirou d’avoir mal payé », ont-ils déclaré devant le tribunal.
Les débats ont mis en lumière le fonctionnement des transactions entre les différentes structures. Selon les plaignants, la coopérative PCNB centralisait les paiements à la place des services comptables de la CIH. Ils accusent également les responsables concernés de n’avoir réglé que partiellement plusieurs fournisseurs, malgré les financements mobilisés.
« Les responsables des coopératives nous disaient que tous les paysans avaient été payés, alors qu’il n’en était rien », ont-ils soutenu.
Au cours de l’audience, l’avocat des plaignants a indiqué qu’une autre procédure judiciaire concernant les mêmes protagonistes était en cours devant un cabinet d’instruction. La défense s’est opposée à cette argumentation, estimant que le dossier actuellement examiné devait suivre son cours devant le PPEF.
Le procès reprendra le 27 juillet
Adnane Achirou est poursuivi pour complicité d’abus de confiance, tandis que les autres prévenus répondent notamment de faits d’abus de confiance et de blanchiment de capitaux. Le tribunal poursuivra l’examen de cette affaire le 27 juillet 2026, avec la continuation des débats sur les responsabilités des différentes parties dans ce contentieux financier portant sur plusieurs centaines de millions de francs CFA.


