La dynamique de réforme du système électoral ivoirien s’accompagne d’une série de consultations politiques. À ce titre, la tournée engagée par la plateforme des partis politiques, dont fait partie le Mouvement des générations capables (MGC) de Simone Ehivet Gbagbo, se poursuit avec un agenda chargé.
Après des échanges avec la coalition CAP-Côte d’Ivoire puis avec le PDCI-RDA, la délégation s’apprête désormais à rencontrer le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) dirigé par Laurent Gbagbo.
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Simone Ehivet Gbagbo en première ligne des “rencontres stratégiques”
L’information a été rendue publique par Simone Ehivet Gbagbo elle-même dans une publication diffusée le mercredi 1er juillet sur les réseaux sociaux. Elle y précise que la plateforme politique a lancé une tournée nationale et internationale pour promouvoir son projet de création d’un Haut Conseil électoral.
Selon ses propos, « la Présidente Simone Ehivet Gbagbo est désignée comme cheffe de délégation pour plusieurs rencontres stratégiques majeures », incluant notamment le PDCI-RDA, le PPA-CI, la CAP-CI, le RHDP, ainsi que des institutions comme le Nonce apostolique, la Représentation des Nations unies, le patronat ivoirien et l’ambassade de Russie.
L’objectif affiché de cette démarche est de convaincre les différentes formations politiques d’adhérer à une proposition alternative de réforme électorale. Simone Ehivet Gbagbo insiste sur la nécessité de favoriser une concertation entre partis d’opposition afin de leur permettre de « parler d’une seule voix devant le gouvernement ».
La séquence politique actuelle fait suite à la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) en mai dernier. En juin, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a présenté une nouvelle architecture électorale structurée autour de trois organes distincts : l’un chargé de l’organisation matérielle des élections et du fichier électoral, un second dédié au dépouillement et à la proclamation des résultats, et un troisième consacré à la supervision et au contrôle du processus électoral. Ce projet de réforme, encore en attente d’examen parlementaire, suscite des réactions contrastées au sein de la classe politique.
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Une réforme qui divise la classe politique ivoirienne
Si certains acteurs politiques saluent une opportunité de renforcer la transparence et la confiance dans les scrutins, d’autres expriment de fortes réserves. Le MGC et le PDCI-RDA estiment notamment que le dispositif proposé ne garantit pas une indépendance suffisante du système électoral et redoutent une influence persistante du ministère de l’Intérieur. Ces divergences alimentent un climat politique marqué par la méfiance et la recherche de nouveaux équilibres institutionnels.
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La rencontre avec le PPA-CI, un rendez-vous à forte portée symbolique
Au-delà des enjeux techniques de la réforme électorale, l’attention se concentre sur la future rencontre entre Simone Ehivet Gbagbo et le PPA-CI de Laurent Gbagbo. Cette séquence politique intervient après plusieurs années de séparation entre les deux figures historiques de la vie politique ivoirienne. Elle relance ainsi les interrogations sur la capacité des anciens alliés à converger sur certaines positions politiques, malgré leurs trajectoires désormais distinctes.
Depuis le retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire en juin 2021, après son acquittement définitif par la Cour pénale internationale, l’ancien président a engagé une nouvelle phase politique. Il a publiquement demandé le divorce d’avec Simone Ehivet Gbagbo, actant une rupture à la fois politique et personnelle. Depuis cette séparation, chacun a poursuivi son propre chemin : Laurent Gbagbo a fondé le PPA-CI, tandis que Simone Ehivet Gbagbo a créé le MGC, avec lequel elle a participé à l’élection présidentielle de 2025.
Un héritage commun malgré des trajectoires divergentes
Cette rupture a consacré l’éclatement du couple politique qui avait marqué la vie politique ivoirienne pendant plusieurs décennies au sein du Front populaire ivoirien (FPI). Pourtant, les deux leaders restent liés par un héritage commun, la lutte clandestine, la création du FPI, la gestion du pouvoir entre 2000 et 2011, ainsi que les épreuves de la crise post-électorale.
Dans ce contexte chargé d’histoire et de symboles, la rencontre annoncée entre la délégation de Simone Ehivet Gbagbo et le PPA-CI dépasse le cadre strict de la réforme électorale. Elle pourrait permettre d’évaluer les possibilités de rapprochement entre les principales forces de l’opposition sur les questions institutionnelles, malgré des trajectoires désormais séparées. Aucune date officielle n’a toutefois encore été communiquée pour cette rencontre.

