Dans une réponse officielle à la lettre référencée N°0085/2026/DAA/CAB/apa, le Député-Maire de Port-Bouët a réagi aux opérations de déguerpissement menées dans sa commune, évoquées par le Ministre Gouverneur du District autonome d’Abidjan sur ses plateformes digitales, notamment « Bacongo Community » et « Team Bacongo ».
Le courrier, qui accuse réception de la correspondance du Ministre Gouverneur, marque d’emblée un ton ferme, teinté d’« étonnement » et d’« indignation » face à ce que la Mairie considère comme une tentative de l’associer à des opérations qualifiées de « déguerpissements unilatéraux ».
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Des accusations de “sale boulot” au cœur de la controverse
Le Maire de Port-Bouët conteste toute implication dans ces opérations, rappelant que le Ministre Gouverneur lui-même aurait qualifié ces actions de « sale boulot » sur sa page officielle Facebook « Cissé Ibrahima Bacongo », le 22 juin 2026. Il affirme également que le District aurait conduit de manière autonome des opérations de déguerpissement dans plusieurs zones de Port-Bouët, notamment Zimbabwé, Toviato, Vridi Canal, ainsi que Vridi Plage, Anlaya, Phare-Littoral et Cité mobile, selon une référence administrative citée dans le courrier.
Le document rappelle plusieurs engagements antérieurs attribués au Ministre Gouverneur. Lors d’une réunion du Cadre Permanent de Concertation en 2024, il aurait assuré aux maires que les sites concernés « ne sont pas à démolir ou à déguerpir », mais qu’ils feraient l’objet d’un traitement concerté avec les directions techniques communales. De même, lors d’un déjeuner de presse tenu le 16 janvier 2025 à l’Hôtel du District au Plateau, il aurait affirmé n’avoir « pas eu besoin de l’avis du Maire pour casser l’Abattoir », ni pour procéder à l’aménagement du site déguerpi.
Un rejet catégorique de toute complicité avec le District
Dans sa réponse, la Mairie de Port-Bouët rejette toute tentative de rapprochement avec les actions du District, affirmant ne partager ni la méthode ni la qualification de « sale besogne ». Elle dénonce des opérations menées sans considération des souffrances des populations, estimant que les déguerpissements sont réalisés en dehors du cadre légal et sans mesures d’accompagnement adéquates.
La Mairie conteste également la logique de certaines opérations, notamment celles ayant entraîné le déplacement de milliers de familles, parfois en période de fortes pluies et d’examens scolaires, qualifiant ces situations de « sale besogne ».
Le courrier évoque également des inquiétudes liées à la réaffectation des terrains déguerpis. La Mairie de Port-Bouët dénonce des cas de redistribution de sites à des opérateurs économiques pour la construction d’entrepôts, sans lotissement, permis de construire ni étude d’impact environnemental et social, notamment à proximité de l’Hôpital Général et de l’entrée internationale d’Abidjan.
Face à cette approche, la commune met en avant sa propre stratégie. Le Conseil municipal affirme avoir choisi la voie de la régularisation et de la restructuration des quartiers précaires plutôt que les déguerpissements systématiques. Cette politique est conduite en partenariat avec le BNETD et sous le contrôle du Ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, avec pour objectif d’améliorer les conditions de vie des populations et de leur permettre d’obtenir des titres fonciers définitifs.
Un désaccord profond sur la gouvernance locale
Le document insiste sur le principe de collaboration entre institutions locales, estimant qu’un Ministre Gouverneur ne peut se substituer à un Maire, mais doit travailler en concertation avec les communes. La Mairie rappelle son adhésion initiale au Cadre Permanent de Concertation (CPC), tout en affirmant s’en être progressivement retirée, dénonçant une plateforme devenue selon elle un espace de validation de décisions déjà arrêtées.
Le Député-Maire affirme avoir suspendu sa participation au CPC après avoir constaté des « méthodes cavalières » dans la conduite des opérations, notamment dans le quartier Abattoir. Il évoque également, dans ses accusations, l’usage de moyens logistiques et sécuritaires jugés excessifs, ainsi que le recours supposé à des forces privées armées, ce qui aurait conduit à la fin de la concertation entre les maires.
Malgré les tensions, la Mairie de Port-Bouët réaffirme sa volonté de maintenir des relations de travail « étroites et sincères » avec le District d’Abidjan. Elle plaide pour la tenue régulière des réunions du Conseil du District, afin de permettre des délibérations sur les budgets et les projets de développement des communes.
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En conclusion, la Mairie exprime sa compassion envers les victimes des déguerpissements à Port-Bouët, mais aussi dans d’autres communes touchées, notamment Yopougon-Gesco, Attécoubé-Boribana, Plateau et Adjamé-Village. Elle appelle enfin les autorités à assurer une prise en charge rapide et adéquate des populations affectées par ces opérations.


