Interpellé ce mercredi à la suite du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a précisé que les discussions relatives à la mise en place du nouveau dispositif électoral auront lieu à l’Assemblée nationale, conformément à la procédure législative en vigueur.
Selon lui, « Monsieur le Premier ministre, lors de son adresse aux partis politiques et à la société civile, a indiqué un processus. Ce texte ira à l’Assemblée nationale, qui est la représentation nationale. Et tous les débats auront lieu à l’Assemblée nationale avec la représentation nationale ».
Il a ajouté que, sauf les propositions de loi déposées par les députés, le gouvernement examine d’abord tous les projets de loi en Conseil des ministres avant de les transmettre au Parlement.
« Et c’est à l’Assemblée nationale, où, je le répète, se trouve la représentation nationale, que les débats se tiennent. Voilà le processus qui a été indiqué par Monsieur le Premier ministre. Je n’ai pas connaissance d’un autre processus que celui-là », a insisté le porte-parole.
Cette clarification intervient dans un contexte marqué par les appels répétés de l’opposition et de plusieurs organisations de la société civile à l’ouverture d’un dialogue politique avant toute réforme du système électoral. Ces acteurs estiment qu’une concertation inclusive est indispensable pour garantir un consensus sur les nouvelles règles du jeu électoral.
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Une architecture électorale déjà esquissée par l’exécutif
En amont, le 22 juin dernier, le Premier ministre Robert Beugré Mambé avait rencontré à la Primature les responsables de partis politiques et d’organisations de la société civile. Il y avait présenté les grandes lignes du futur dispositif électoral envisagé par le gouvernement.
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Selon lui, la réforme a été conçue par un groupe d’experts s’inspirant de plusieurs expériences en Afrique de l’Ouest. Le dispositif proposé reposerait sur trois organes distincts, une structure dédiée à l’organisation matérielle des élections, une autre chargée du recensement et de la centralisation des suffrages afin de garantir « la qualité et la sincérité des résultats », et une troisième instance dédiée à la supervision et au contrôle de l’ensemble du processus électoral.
L’opposition dénonce une réforme jugée déséquilibrée
Du côté de l’opposition, les inquiétudes persistent. Si les objectifs de transparence et de souveraineté affichés par le gouvernement sont globalement partagés, plusieurs partis dénoncent une démarche jugée trop fermée. Dans un communiqué, le PDCI-RDA estime que « le gouvernement semble avoir déjà arrêté le contenu de sa réforme en s’appuyant sur ses propres experts, biaisant ainsi la démarche », critiquant également le format de la rencontre du 22 juin, qualifiée de simple « séance de travail ».
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Le Mouvement des générations capables (MGC), dirigé par Simone Gbagbo, a également exprimé ses réserves. Le parti estime qu’« une telle méthode n’est pas acceptable lorsqu’il s’agit de définir les règles du jeu démocratique ». Pour le MGC, les règles électorales destinées à garantir la paix sociale « ne peuvent être dictées de manière unilatérale et doivent impérativement résulter d’un consensus global ».

