Sénégal : « Nous sommes condamnés à travailler ensemble », déclare Ousmane Sonko sur France 24

Recevant une équipe de France 24 et RFI, Ousmane Sonko est revenu sur l’actualité politique sénégalaise, trois semaines après son…

Recevant une équipe de France 24 et RFI, Ousmane Sonko est revenu sur l’actualité politique sénégalaise, trois semaines après son élection à la présidence de l’Assemblée nationale et sa reconduction à la tête du PASTEF. Limogé le 22 mai 2026 par le président Bassirou Diomaye Faye, l’ancien Premier ministre occupe désormais une nouvelle fonction institutionnelle, tout en réaffirmant son ancrage dans le projet politique porté par les Sénégalais lors des dernières élections.

Depuis son installation au perchoir, Ousmane Sonko dit vouloir conjuguer coopération institutionnelle et vigilance politique. « Nous sommes condamnés à travailler ensemble », affirme-t-il, tout en précisant que l’Assemblée nationale devra exercer pleinement son rôle de contre-pouvoir. Il se positionne ainsi comme un garant du projet initial, face à un exécutif dont il critique certaines orientations.

 

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Entre appel à l’unité et divergences politiques avec Diomaye Faye

Réagissant aux propos de Bassirou Diomaye Faye appelant à éviter toute division nationale, Ousmane Sonko minimise les tensions personnelles. Il insiste sur la stabilité du pays et refuse toute idée de rupture institutionnelle, tout en rappelant que les divergences politiques relèvent du débat démocratique. Il revendique également la légitimité de sa nouvelle position, confortée selon lui par le soutien électoral.

« aucune querelle ne mérite que l’on déchire le pays qui nous est commun ». Interrogé sur la portée de ces mots, « Le Sénégal est plus grand que les divergences politiques que nous pouvons avoir. Assurons tout le monde : il n’y aura pas de déchirement. On peut avoir des divergences programmatiques, mais pas de déchirure du pays. Le peuple sénégalais jugera. », t’il déclaré. 

Sur les accusations de « trahison du projet PASTEF », Sonko privilégie une lecture politique et non émotionnelle. Il estime que certains engagements n’ont pas été respectés, tout en laissant aux instances du parti le soin d’évaluer les responsabilités internes. Il avertit néanmoins que la majorité parlementaire n’accordera aucun « chèque en blanc » au gouvernement et n’exclut pas le recours à la censure si nécessaire.

« Ce sont des engagements pris sur dix ans d’opposition. Aujourd’hui, certains de ces engagements ne sont pas respectés. Il n’y a pas de volonté de les respecter. Je mets le curseur à ce niveau-là. La trahison, je laisse à la morale. » Sonko prévient : « L’approbation se fera a posteriori par l’Assemblée. Ce n’est pas une diminution de nos pouvoirs. » Sur l’organisation des élections locales prévues en janvier 2027, il a coupé court : « Aucune raison valable pour qu’elles soient reportées. La loi fixe la mi-juillet comme dernier délai pour fixer la date. Je croise les doigts pour que le gouvernement respecte ses responsabilités légales. »

 

Dette, FMI et souveraineté économique au cœur des tensions

Sur la question de la dette et des négociations avec le FMI, l’ancien chef du gouvernement adopte une posture de fermeté. Il appelle à des solutions compatibles avec les intérêts du Sénégal et refuse toute restructuration jugée défavorable. Il assume les choix faits lorsqu’il dirigeait l’exécutif, tout en plaidant pour un traitement souverain de la dette et une transparence accrue.

« Nous ne sommes pas dans des positions absolues. Nous examinons avec lucidité. L’important, c’est que ce qui sera mis sur la table corresponde aux exigences du moment. Une restructuration sauvage, nous n’en avons pas voulu quand j’étais à Matignon, car le pays n’était pas en défaut et nos indicateurs étaient corrects. » Il déplore que le FMI ait « d’autres préoccupations » que d’accompagner un pays qui n’est pas responsable de la situation actuelle.

 

Sécurité, justice et libertés publiques sous surveillance

Interrogé sur les violences à l’université Cheikh Anta Diop et les débats autour des libertés publiques, Sonko défend l’action de l’État tout en renvoyant les responsabilités opérationnelles aux forces de sécurité. Sur la question des arrestations liées à l’homosexualité, il assume la législation en vigueur et rejette toute accusation de stigmatisation, invoquant la souveraineté juridique du Sénégal.

 « Une enquête a été ouverte de manière diligente. Aujourd’hui, le dossier est sur la table du procureur. On ne peut pas dire que personne n’a été tenu responsable tant que les conclusions ne sont pas connues. »

 

2029 et vision africaine en toile de fond

Évoquant l’avenir politique, Ousmane Sonko refuse de se projeter sur l’élection présidentielle de 2029, laissant le choix au PASTEF. En conclusion, il élargit le débat au rôle de l’Afrique dans le monde, notamment à travers le football et les relations internationales, appelant à une meilleure valorisation des ressources humaines et naturelles du continent.

« Quel que soit le vainqueur, c’est l’Afrique qui est gagnante. Rien qu’à voir la configuration de l’équipe de France, on comprend où se trouve le besoin. Le message que je lance aux Africains : si on sait reconnaître notre propre valeur, on a les ressources naturelles, humaines, une démocratie galopante, une population essentielle. L’échelle des besoins n’est pas là où certains le croient. » Une manière élégante de ramener le débat sur l’immigration, les relations post-coloniales et la souveraineté.



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