Politique




Déguerpissements à Abidjan : le COJEP critique une méthode coercitive et réclame la concertation

Dirigé par Charles Blé Goudé, le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP) a vivement réagi aux…

Dirigé par Charles Blé Goudé, le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP) a vivement réagi aux opérations de déguerpissement menées dans plusieurs quartiers du district autonome d’Abidjan. Le mouvement politique dénonce une approche qu’il qualifie de répressive dans la conduite de ces opérations.

Dans un communiqué daté du 4 juin 2026 et signé par son porte-parole, Me Serge Ouraga, le parti dénonce une gestion des opérations qui privilégierait, selon lui, l’usage des bulldozers au détriment du dialogue et de la justice sociale. Le COJEP affirme que ces démolitions ont déjà touché de nombreuses familles contraintes de quitter leurs habitations. Il évoque une situation de grande précarité pour plusieurs catégories sociales, notamment des femmes, des enfants, des personnes âgées et des travailleurs modestes. Selon le mouvement, ces populations se retrouvent aujourd’hui sans solution de relogement après les opérations de déguerpissement.

 

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Entre nécessité urbaine et interrogations politiques

Tout en reconnaissant le droit de l’État à organiser l’espace urbain et à sécuriser les zones à risque, le COJEP s’interroge sur la méthode employée. Le parti estime que les conditions d’exécution de ces opérations méritent davantage de réflexion. Il interroge notamment la pertinence de démarches qui, selon lui, placent certaines populations dans une grande détresse sociale. Le mouvement politique pointe également des insuffisances dans la gouvernance urbaine. Il rappelle que plusieurs quartiers concernés se sont développés progressivement, parfois avec une présence prolongée des autorités administratives. Pour le COJEP, il est difficile de justifier la déclaration soudaine d’irrégularité de zones occupées et tolérées depuis plusieurs années.

Le parti rejette l’idée selon laquelle les habitants seraient les seuls responsables de cette situation. Il évoque plutôt un manque de planification et une insuffisance dans la gestion de l’urbanisation. Selon lui, les erreurs de gouvernance doivent également être prises en compte dans l’analyse du problème foncier à Abidjan.

Le communiqué souligne enfin le contexte dans lequel interviennent ces déguerpissements. Le COJEP évoque la saison des pluies ainsi que la période des examens scolaires et universitaires. Le parti estime que ces conditions aggravent la vulnérabilité des familles touchées, exposées aux intempéries, aux maladies et aux difficultés scolaires.

LIRE AUSSI : Pluie diluvienne à Abidjan : La vigilance orange annoncée au lendemain d’une vaste opération de déguerpissement

Le COJEP appelle les autorités à privilégier une approche basée sur le dialogue avec les populations concernées. Il plaide pour un développement urbain construit de manière participative. Pour le parti, la transformation des villes doit se faire « avec les populations et au bénéfice des populations ».

 

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