En déplacement à Bruxelles, le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep), Charles Blé Goudé, a plaidé pour des réparations financières et structurelles en faveur du continent africain. Pour l’ancien ministre de Laurent Gbagbo, la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité par l’ONU doit désormais se traduire par des mesures concrètes, capables de soutenir le développement de l’Afrique.
À l’occasion d’un « café politique » organisé lundi à Bruxelles, autour du thème « L’Afrique face à son histoire, exiger réparations pour bâtir l’avenir », le président du Cojep, Charles Blé Goudé a appelé à dépasser la simple reconnaissance historique pour engager des actions concrètes en faveur des pays africains sur les réparations liées à l’esclavage et à la colonisation.
Devant des sympathisants et des membres de la diaspora africaine, l’ancien leader des « Jeunes patriotes » a défendu le principe d’une justice réparatrice. S’appuyant sur les textes internationaux qui qualifient la traite négrière de crime imprescriptible contre l’humanité, il estime que cette reconnaissance doit ouvrir la voie à des compensations effectives.
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« La reconnaissance morale ne suffit plus », a-t-il insisté, plaidant pour que la responsabilité historique liée à l’esclavage et à la colonisation se traduise par des engagements financiers et structurels.
Annulation de la dette, investissements et restitution des biens culturels
Pour donner un contenu concret à cette démarche, Charles Blé Goudé avance plusieurs propositions destinées à renforcer les capacités économiques et institutionnelles des États africains. Parmi les mesures qu’il préconise figurent l’annulation de la dette extérieure des pays du continent, la création de fonds d’investissement massifs consacrés aux infrastructures et à l’éducation, ainsi que la restitution intégrale des biens culturels africains spoliés durant la colonisation.
À travers ces revendications, le responsable politique défend une approche des réparations qui ne se limite pas à une compensation symbolique. Il souhaite notamment que les ressources mobilisées puissent contribuer directement au financement du développement africain.
« L’Afrique ne demande pas la charité, elle réclame son dû pour financer son propre développement », a-t-il martelé. Une déclaration qui résume sa volonté de voir le continent sortir de sa dépendance à l’égard de l’aide internationale.
La question des réparations liées à l’esclavage et à la colonisation fait l’objet d’un plaidoyer de plus en plus soutenu au sein de l’Union africaine et des mouvements panafricanistes. Ces différentes initiatives cherchent à porter le dossier devant les instances multilatérales afin d’obtenir une reconnaissance accompagnée de mesures concrètes.
Cette prise de position prolonge les orientations politiques défendues par Charles Blé Goudé depuis plusieurs années. Acquitté définitivement en 2021 par la Cour pénale internationale (CPI) des accusations de crimes contre l’humanité liées à la crise post-électorale ivoirienne de 2010-2011, l’ancien ministre a progressivement fait de la mémoire historique et de la souveraineté africaine des axes majeurs de son discours.

