La quatrième chambre de jugement a tenu sa première audience le mardi 27 octobre 2026, marquée par une cérémonie protocolaire, l’examen d’une demande de mise en liberté provisoire d’un diplomate nigérien poursuivi pour escroquerie et blanchiment de capitaux, ainsi que deux affaires d’orpaillage illégal. Les décisions concernant les prévenus poursuivis pour exploitation illégale de l’or sont attendues le 3 novembre 2026.
L’audience du mardi 27 octobre 2026 revêtait un caractère particulier avec la tenue de la première séance de la quatrième chambre de jugement, récemment créée. À cette occasion, la procureure de la République, le représentant du barreau et la présidente de la chambre ont échangé des mots de courtoisie et de confiance.
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Une première audience sous le signe de la confiance entre acteurs judiciaires
Pour la représentante du ministère public, cette nouvelle fonction constitue une étape importante dans le parcours de la vice-présidente, auparavant doyenne des juges d’instruction au pôle pénal, économique et financier.
« Cette évolution rappelle une vérité fondamentale : les fonctions judiciaires se rejoignent toutes, dans la rigueur. Elles doivent veiller à l’application de la loi », a-t-elle déclaré, avant d’assurer à la nouvelle responsable que le parquet resterait disponible pour contribuer à l’œuvre de justice.
Le représentant du barreau a également salué le parcours de la magistrate, rappelant qu’elle avait su faire preuve de justice dans les dossiers qui lui avaient été soumis, y compris les plus délicats. Il s’est dit convaincu qu’elle saurait remplir sa nouvelle mission. Prenant la parole, la présidente de la quatrième chambre a reconnu qu’il s’agissait de sa première audience dans cette fonction, tout en soulignant sa longue expérience professionnelle. Pour elle, cette nomination s’inscrit dans la continuité de son parcours, avec l’espoir d’être à la hauteur des responsabilités qui lui sont confiées.
Un diplomate nigérien poursuivi pour escroquerie
Après cette séquence protocolaire, le tribunal a examiné un premier dossier impliquant un diplomate nigérien de 49 ans, divorcé et père d’un enfant, résidant à Johannesburg. Détenu depuis le 7 juin 2026, il est poursuivi pour escroquerie portant sur 198 000 euros, soit 138 600 000 FCFA, et blanchiment de capitaux.
Selon son avocat, l’affaire découle d’un différend avec un partenaire réunionnais. Le prévenu se trouvait à Abidjan pour effectuer des formalités de visa à l’ambassade du Japon et devait également participer à une formation dans son domaine d’activité. Ses affaires l’auraient finalement rattrapé, conduisant à son incarcération au pôle pénitentiaire d’Abidjan.
Son conseil a sollicité sa mise en liberté provisoire, faisant valoir que cette détention avait fortement affecté ses activités et qu’il avait une famille à charge. Le parquet s’est opposé à cette demande, estimant que l’intéressé ne disposait d’aucune résidence ni d’intérêts en Côte d’Ivoire et qu’il ne présentait pas de garanties suffisantes de représentation devant la justice. En réponse, l’avocat de la défense a rappelé le statut diplomatique de son client, précisant que son passeport se trouvait entre les mains des autorités judiciaires. Le prévenu a, pour sa part, affirmé disposer de garanties de représentation.
Après une brève suspension, le tribunal a rejeté la demande de mise en liberté provisoire. L’affaire a ensuite été appelée, mais le parquet a informé la juridiction que la partie civile était indisponible et sollicitait un renvoi. Cette demande a suscité une vive réaction de la défense. L’avocat s’est opposé au report, reprochant à son confrère de ne pas l’avoir préalablement informé de son indisponibilité par courrier, au nom des usages de confraternité.
La présidente a tenté d’apaiser les tensions en rappelant que le dossier était examiné pour la première fois. Malgré les réserves exprimées par l’avocat, qui doutait de pouvoir être présent la semaine suivante, elle a fixé le renvoi au 3 novembre 2026. Une décision annoncée calmement, mais avec suffisamment de fermeté pour clore les échanges.
Orpaillage illégal : deux prévenus face aux réquisitions du parquet
La même audience a été marquée par l’examen de deux affaires d’orpaillage illégal. Dans ces dossiers, la procureure de la République a adopté une position ferme à l’égard des prévenus poursuivis. Le premier prévenu, interpellé à Niakara, a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il a expliqué travailler pour son frère Marcel, installé au Burkina Faso.
« Je creuse la terre. Je n’ai rien eu », a-t-il déclaré, précisant qu’une autre personne sur place récupérait l’or extrait avant de l’expédier à son grand frère.
Dans la seconde affaire, le prévenu, âgé de 27 ans, a également reconnu sa participation à des activités d’orpaillage illégal. Arrivé du Burkina Faso, il affirme avoir été interpellé un mois après son arrivée en Côte d’Ivoire. Pour expliquer son implication, il a évoqué ses difficultés financières et le manque de nourriture. Selon ses déclarations, il avait sollicité un certain Mamoudou pour trouver un emploi, avant de se voir proposer la surveillance de matériel utilisé pour l’orpaillage.
Interrogé sur les raisons de sa venue en Côte d’Ivoire, le jeune homme a expliqué qu’il souhaitait initialement se perfectionner en pâtisserie, estimant le pays relativement développé. Mais, confronté aux difficultés, il dit s’être finalement tourné vers l’exploitation aurifère illégale.
Dans ce second dossier, le parquet a requis 24 mois d’emprisonnement et une amende de 50 millions de FCFA. Comme pour la première affaire, le tribunal a fixé au 3 novembre 2026 la date à laquelle le prévenu connaîtra son sort.

