PPEF : « Kanté, dis la vérité ! », une photographe confronte un militaire poursuivi pour faux billets et escroquerie de près de 4 millions FCFA

Une audience judiciaire marquée par des accusations croisées, une affaire présumée de faux billets et une escroquerie de près de…

Une audience judiciaire marquée par des accusations croisées, une affaire présumée de faux billets et une escroquerie de près de quatre millions de FCFA. Le vendredi 23 octobre 2026, à la barre, une photographe et un sous-officier des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI), amis de longue date, ont livré des versions contradictoires. La comparution d’une étudiante venue soutenir son père a ensuite compliqué la défense du militaire.

L’audience du vendredi 23 octobre 2026 met face au tribunal deux prévenus aux relations anciennes : un sous-officier des FACI et une photographe, veuve et mère de trois enfants. Cette dernière est l’ancienne compagne d’un ami d’enfance du militaire.

Le sous-officier répond de deux faits : la mise en circulation de faux billets de banque et une escroquerie portant sur trois millions de FCFA. La photographe, elle, est poursuivie pour la mise en circulation de fausse monnaie. Les deux prévenus sont également poursuivis pour blanchiment de capitaux.

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Appelée la première à la barre, la photographe explique qu’elle venait de terminer une journée de shooting lorsqu’elle a reçu un appel de l’ami de son ancien compagnon. Celui-ci lui propose de partager un repas. Avant d’accepter, elle informe son ex-compagnon, qui ne s’y oppose pas. Le rendez-vous est fixé à Angré, près de Petro-Ivoire. Mais le déplacement prend une autre tournure lorsque le militaire l’emmène dans les environs du collège Victor Lobad, prétextant devoir remettre un colis à un ami.

Un sachet remis dans la voiture, puis une interpellation

Selon le récit de la prévenue, le militaire reste en communication téléphonique avec son ex-compagnon tout au long du trajet. Une fois sur place, deux personnes viennent à la rencontre du sous-officier, tandis qu’elle demeure dans le véhicule. À un moment donné, le militaire lui remet un sachet qu’il tient en main. Sans l’ouvrir, elle le glisse instinctivement dans son sac. Elle affirme ensuite avoir constaté une altercation entre le sous-officier et les deux individus. Face à la situation, elle décide de commander un taxi pour rentrer chez elle.

Le lendemain, les enquêteurs de la brigade de recherches de la Gendarmerie nationale la convoquent. Une photographie lui est présentée et elle reconnaît le militaire. C’est alors qu’elle apprend que le sachet retrouvé en sa possession contenait deux millions de FCFA en faux billets. La nouvelle la surprend, affirme-t-elle. Mais les conséquences sont immédiates : elle est placée en garde à vue, puis sous mandat de dépôt.

À son tour, le sous-officier tente de contester les accusations. Il soutient que la photographe et son ancien compagnon auraient monté une machination contre lui, par jalousie. Dans sa version des faits, il affirme que Lasso, l’ex-compagnon de la photographe, lui aurait demandé de rencontrer un ami afin de récupérer 200 000 FCFA, avec pour consigne de remettre 25 000 FCFA à la dame.

« Je n’ai pas donné un sachet de faux billets à quelqu’un », déclare-t-il à la barre.

Cette explication provoque une réaction vive de la photographe, qui l’interpelle directement : « Kanté, dis la vérité, dis la vérité un jour. » Cette sortie donne un relief particulier à l’audience, où les deux prévenus se renvoient la responsabilité des faits.

Une étudiante accuse le militaire d’une escroquerie de près de quatre millions de FCFA

Alors que les débats semblent se concentrer sur l’affaire des faux billets, la présidente du tribunal fait intervenir une jeune étudiante présente dans la salle. Celle-ci affirme que le sous-officier a escroqué 3 987 830 FCFA à son père en lui promettant d’obtenir un visa pour le Canada à sa fille.

Le visa n’ayant jamais été obtenu et le militaire étant devenu introuvable, le père de l’étudiante avait déposé une plainte auprès de la brigade de recherches. Selon le récit présenté à l’audience, le sous-officier a finalement été reconnu lorsqu’il s’est présenté dans le cadre de l’affaire de faux billets. Alors qu’il conteste les faits qui lui sont reprochés dans le dossier de fausse monnaie, il doit également répondre des déclarations relatives à cette autre affaire d’escroquerie.

Retrait de plainte : la présidente rappelle les conséquences juridiques

L’étudiante évoque également une tentative de négociation entre le militaire et son père en vue d’obtenir le retrait de la plainte. La présidente du tribunal saisit l’occasion pour lui expliquer les conséquences d’une telle démarche. Elle précise que la plaignante peut retirer sa plainte, mais que cette décision ne met pas automatiquement fin aux poursuites, lesquelles relèvent du ministère public. Elle attire aussi son attention sur les conséquences civiles : en retirant sa plainte, la victime renoncerait à sa constitution de partie civile et ne pourrait donc pas obtenir le remboursement de son argent dans le cadre d’une éventuelle condamnation.

« Vous le souhaitez ? », lui demande la présidente.

Après ces explications, l’étudiante décide de maintenir sa plainte. Un rappel des règles de procédure qui éclaire les enjeux de sa décision. Au terme de cette audience riche en déclarations contradictoires et en nouvelles accusations, le tribunal renvoie l’affaire au 30 octobre 2026 pour la poursuite des débats.



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