En Côte d’Ivoire, le prix du carton de chinchard connaît une réduction de 5 000 FCFA, passant de 36 500 à 31 500 FCFA. Cette mesure a été annoncée le samedi 24 octobre 2026, à Treichville, par l’Interprofession de la filière pêche de Côte d’Ivoire (INTERPÊCHE), lors d’une rencontre avec la presse consacrée aux réponses envisagées pour atténuer les difficultés rencontrées sur le marché.
Selon Coulibaly Habdramane, directeur exécutif d’INTERPÊCHE, l’importateur, qui cédait auparavant le carton à 33 000 FCFA au demi-grossiste, doit désormais le vendre à 30 500 FCFA. La révision des marges des intermédiaires participe également à cette réduction. Le responsable de l’interprofession a salué les dispositions prises par les autorités pour répondre aux préoccupations des professionnels du secteur.
« Nous apprécions à sa juste valeur les mesures prises par le ministre du Commerce, qui a pris en compte les préoccupations de l’ensemble des acteurs du secteur », a-t-il déclaré.
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Le maquereau dans le viseur, le thon jugé stable
Les ajustements annoncés ne concernent pas uniquement le chinchard. Le maquereau figure également parmi les produits visés par les premières mesures gouvernementales destinées à atténuer les tensions sur les prix du poisson. Le thon, en revanche, ne constitue pas une préoccupation majeure dans les discussions actuelles. Son prix est considéré comme stable et abordable par les responsables de l’interprofession.
Face à la diversité des espèces commercialisées en Côte d’Ivoire, les acteurs de la filière souhaitent désormais examiner les mécanismes qui déterminent les prix sur les marchés. Au-delà des réductions annoncées, INTERPÊCHE entend s’attaquer aux difficultés liées à l’organisation du circuit de commercialisation. Parmi les pratiques soulevées figure le cumul de plusieurs fonctions par certains opérateurs, notamment lorsque des importateurs interviennent également dans la vente au détail.
Selon les acteurs de la filière, cette situation peut perturber le fonctionnement du marché et compliquer la maîtrise des prix. Coulibaly Habdramane plaide ainsi pour une meilleure séparation des activités entre les différents intervenants.
« Il s’agit de faire en sorte que l’importateur s’arrête à son activité d’importateur, que le demi-grossiste se limite à son activité et que le détaillant fasse son travail pour ravitailler les populations », a-t-il expliqué.
L’effectivité des mesures annoncées constitue désormais un enjeu majeur. Pour veiller à leur application, les directeurs centraux et régionaux ainsi que les inspecteurs du ministère du Commerce sont appelés à renforcer les contrôles sur le marché.
Il s’agira notamment de vérifier que la réduction accordée aux différents niveaux de la chaîne de distribution se répercute effectivement sur les prix proposés aux commerçantes. Car si la baisse est annoncée entre importateurs et grossistes, son impact sur les ménages dépendra du prix finalement pratiqué sur les étals. Le suivi des transactions et l’application des nouvelles dispositions seront donc déterminants pour mesurer les effets de cette première réponse à la hausse des prix du poisson.
Une vingtaine d’espèces concernées par les prochaines discussions
La réduction de 5 000 FCFA sur le carton de chinchard constitue une première avancée, mais elle ne résout pas l’ensemble des difficultés du secteur. En Côte d’Ivoire, une vingtaine de variétés de poissons sont commercialisées, avec des prix qui diffèrent selon leur provenance, leur qualité, leur calibrage et les coûts d’acheminement. Pour élargir les discussions aux autres espèces, INTERPÊCHE a annoncé la poursuite des échanges à compter du lundi 26 octobre 2026. Les importateurs devront notamment fournir leurs factures et les documents nécessaires pour permettre une évaluation précise de leurs coûts d’approvisionnement.
Insistant sur la nécessité de disposer de données fiables avant de tirer des conclusions, Coulibaly Dramane a déclaré : « Nous ne pouvons pas apporter de réponse concrète à cette question sans disposer d’éléments vérifiés ».
Présent à la rencontre de Treichville, Soumahoro Ben N’Faly, président d’une organisation de consommateurs et vice-président du Conseil national de la consommation, a salué les échanges entre les professionnels de la pêche et les autorités. Pour lui, la concertation constitue une voie permettant de rapprocher les positions et de rechercher une issue acceptable pour toutes les parties. « La Côte d’Ivoire est un État de dialogue et nous allons obtenir une victoire qui ne sera pas la défaite de quelqu’un », a-t-il affirmé, invitant les consommateurs à faire confiance au processus engagé.
Avec la baisse du carton de chinchard de 36 500 à 31 500 FCFA, INTERPÊCHE apporte une première réponse aux revendications des commerçantes. Toutefois, l’efficacité de cette mesure dépendra de son application à chaque étape de la distribution et de sa répercussion sur les prix payés par les consommateurs.
Les discussions prévues à partir du 26 octobre devront permettre d’approfondir l’analyse des prix des autres espèces et d’identifier d’éventuels ajustements supplémentaires.


