Réforme électorale en Côte d’Ivoire : Simone Gbagbo, Affi N’Guessan et Assalé Tiémoko dénoncent le blocage du dialogue

Face aux crises électorales qui secouent la Côte d’Ivoire depuis 2010-2011, Simone Ehivet Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan et Assalé Tiémoko…

Face aux crises électorales qui secouent la Côte d’Ivoire depuis 2010-2011, Simone Ehivet Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan et Assalé Tiémoko plaident pour une refonte du système électoral. Lors d’une conférence de presse tenue le jeudi 22 octobre 2026 au siège du FPI, les trois responsables de l’opposition ont regretté l’absence de dialogue avec le pouvoir et présenté une proposition commune prévoyant la création d’une Autorité électorale nationale indépendante (AENI) et d’un Observatoire permanent des élections (OPE).

La réforme électorale s’impose comme un enjeu majeur du débat politique ivoirien. Lors d’une conférence de presse tenue au siège du FPI, Simone Ehivet Gbagbo a estimé que la Côte d’Ivoire se trouvait à « un tournant enrichissant de son histoire », tout en regrettant l’absence de concertation avec les autorités gouvernementales.

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Simone Gbagbo dénonce des occasions manquées de dialogue

La présidente du MGC est revenue sur plusieurs initiatives qui, selon elle, n’ont pas permis d’instaurer un dialogue véritable entre le pouvoir et les partis politiques. Elle a notamment évoqué la rencontre du 22 juin dernier, organisée à l’initiative du Premier ministre et présentée comme une séance de travail. D’après Simone Gbagbo, cette rencontre s’est plutôt limitée à un discours dans lequel le gouvernement aurait exposé sa propre vision sans réellement écouter les différentes formations politiques.

Trois mois plus tard, le ministre de l’Intérieur aurait demandé aux partis de formuler leurs propositions par écrit. Mais, selon la responsable politique, une nouvelle difficulté est apparue le 14 octobre, lorsque le porte-parole du gouvernement a opposé une objection de principe à l’ouverture de discussions, en invoquant « la bonne santé des institutions ». Pour Simone Gbagbo, cette succession d’événements traduit une volonté du pouvoir de ne pas donner suite aux appels à la concertation. Une attitude qu’elle juge préoccupante, alors que les acteurs politiques cherchent à réformer les mécanismes électoraux.

« Le dialogue est une urgence absolue », insiste la présidente du MGC

Au-delà des désaccords politiques, Simone Ehivet Gbagbo présente le dialogue comme une nécessité pour préserver la paix et éviter de nouvelles crises. Elle avance trois raisons essentielles pour justifier cette démarche : la protection des vies humaines, la place du dialogue dans l’identité et la culture ivoiriennes, ainsi que la nécessité de ne pas réduire la légitimité à la seule légalité. À ses yeux, le respect des règles institutionnelles ne suffit pas à garantir l’adhésion des citoyens et des acteurs politiques. Elle estime qu’un système électoral doit également inspirer confiance pour prévenir les contestations et les tensions.

Cette préoccupation est partagée par Pascal Affi N’Guessan, qui s’étonne de voir l’opposition réclamer des discussions auxquelles le gouvernement ne souhaiterait pas donner suite.

« Il n’y a qu’en Côte d’Ivoire que l’opposition demande le dialogue avec le pouvoir qui le refuse », déplore-t-il.

Le président du FPI met ainsi en avant le paradoxe qu’il perçoit dans la situation actuelle : alors que plusieurs partis demandent une concertation sur les règles électorales, les échanges avec les autorités restent, selon eux, dans l’impasse.

Une proposition commune pour remplacer le dispositif électoral

Les responsables de l’opposition affirment pourtant avoir pris l’initiative de soumettre des pistes concrètes au gouvernement. Le 5 octobre, le groupe du Haut Conseil électoral conduit par Simone Gbagbo, la CAP-Côte d’Ivoire de Pascal Affi N’Guessan, le PPA-CI et l’ADCI d’Assalé Tiémoko ont présenté un document commun consacré à la réforme électorale. Cette proposition repose sur deux structures : une Autorité électorale nationale indépendante (AENI) et un Observatoire permanent des élections (OPE). Le dispositif proposé prévoit qu’aucun parti politique ne siège dans les organes opérationnels de l’autorité électorale.

Prenant la parole lors de la conférence de presse, Assalé Tiémoko a détaillé les contours de l’AENI défendue par les signataires. Pour le responsable de l’ADCI, la nouvelle structure devrait présenter « au moins l’apparence de l’impartialité », afin de répondre aux interrogations sur la neutralité du processus électoral.

Les conférenciers rappellent que la Commission électorale indépendante (CEI) a été dissoute en raison d’un déficit de confiance reconnu par le gouvernement lui-même. Ils estiment que cette situation rend nécessaire la mise en place d’un mécanisme susceptible de rassurer les différents acteurs.

Depuis 2010-2011, les crises électorales au cœur des inquiétudes

Pour Simone Gbagbo et ses alliés, la réforme ne relève pas d’un simple réaménagement administratif. Ils établissent un lien direct entre le fonctionnement du système électoral et les crises successives qui ont marqué le pays depuis 2010-2011. Selon leur analyse, chaque scrutin ravive les tensions parce que les mécanismes en place ne permettent pas de prévenir durablement les contestations. Ils considèrent ainsi que les mesures de répression, à elles seules, ne peuvent empêcher de nouvelles violences si les causes liées au système électoral demeurent inchangées.

« On peut arrêter les gens autant qu’on veut, il y aura toujours de la violence si on ne change pas le système », soutiennent-ils en substance.

Les responsables politiques se disent également préoccupés par les poursuites judiciaires en cours, qui contribuent, à leurs yeux, à tendre davantage le climat politique. Assalé Tiémoko s’interroge notamment sur les accusations de terrorisme visant certaines personnalités politiques, dont un ancien ministre, un ancien président d’institution et un chef de parti.

Malgré les désaccords avec le gouvernement, les initiateurs de la proposition commune entendent poursuivre leur démarche. Ils annoncent leur intention de porter leur message « dans tous les hameaux », afin de faire connaître leurs propositions et de maintenir la pression en faveur d’une réforme électorale. Le PPA-CI, associé à l’initiative commune mais absent de la conférence de presse, devrait être invité à rejoindre cette mobilisation. Le PDCI-RDA sera également sollicité, selon les responsables présents.

En conclusion, Pascal Affi N’Guessan met en garde contre les conséquences d’un blocage prolongé.

« Le refus du dialogue est une fuite en avant qui ne mènera nulle part », prévient-il.

Simone Ehivet Gbagbo
© Simone Ehivet Gbagbo



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