La réforme de la gouvernance électorale domine l’actualité politique ivoirienne ce mardi 23 juin 2026. Au lendemain de la présentation du nouveau dispositif appelé à remplacer la Commission électorale indépendante (CEI), la presse nationale multiplie les analyses sur les enjeux de cette refonte institutionnelle.
Plusieurs journaux mettent en avant la volonté affichée du gouvernement de restaurer la confiance dans le processus électoral. Le Sursaut voit dans cette réforme le « remède miracle » du président Alassane Ouattara pour garantir des élections apaisées. De son côté, L’Avenir souligne que l’exécutif propose désormais une organisation fondée sur trois structures distinctes pour gérer les scrutins.
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Une nouvelle organisation en trois entités
Dans les colonnes de Tribune Ivoire, le Premier ministre Robert Beugré Mambé détaille les contours de cette réforme. Le futur système reposera sur trois organes complémentaires. Le premier assurera l’organisation matérielle des élections. Le deuxième sera chargé du recensement et de la compilation des votes. Le troisième veillera à la supervision et au contrôle de l’ensemble du processus électoral.
Pour le gouvernement, cette nouvelle architecture doit permettre de réduire les contestations récurrentes qui entourent les consultations électorales en Côte d’Ivoire. « Nous voulons que les élections ne soient plus des moments de peur », affirme le chef du gouvernement dans Le Mandat.
La rencontre organisée à la Primature a réuni des représentants de partis politiques et de la société civile. Plusieurs formations de l’opposition ont salué l’ouverture du dialogue. Selon Le Jour Plus, le PDCI-RDA, le FPI et le COJEP ont exprimé leur satisfaction face à l’initiative gouvernementale. L’Expression rapporte également les réactions positives de responsables politiques comme Pascal Affi N’Guessan, Philippe Ezaley et Charles Blé Goudé.
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Des interrogations persistent sur l’indépendance du dispositif
Malgré cet accueil relativement favorable, plusieurs quotidiens relèvent les nombreuses zones d’ombre qui entourent encore le projet. L’Intelligent d’Abidjan s’interroge notamment sur la capacité réelle de la réforme à mettre fin aux tensions électorales.
Dans Notre Voie, certains observateurs attendent de connaître le contenu détaillé des textes avant de se prononcer. Le Nouveau Réveil soulève une question centrale : qui désignera les membres des trois futures structures électorales ?
Le journal s’inquiète également des garanties d’indépendance et de la gestion de la liste électorale. Il redoute qu’un « organe à trois têtes » ne devienne une nouvelle source de controverses. Le Bélier résume ainsi l’enjeu en évoquant le « pari risqué » de Robert Beugré Mambé pour rétablir la confiance entre les acteurs politiques.
L’absence remarquée du PPA-CI
Au-delà du contenu de la réforme, un autre fait a retenu l’attention de la presse, l’absence du PPA-CI de Laurent Gbagbo à la rencontre de la Primature. Le Jour Plus parle ouvertement d’un boycott. L’Inter souligne que le parti de l’ancien président était le grand absent de cette consultation, contrairement au PDCI-RDA et au FPI qui ont pris part aux échanges.
Interrogé par L’Expression, un responsable du parti évoque plutôt un problème lié à la transmission de l’invitation. Selon lui, la restructuration interne du PPA-CI aurait compliqué la réception du courrier officiel.
Cette explication laisse toutefois plusieurs observateurs sceptiques. Le journal rappelle qu’un incident similaire avait déjà été invoqué lors de l’anniversaire du PDCI-RDA en avril dernier. Un précédent qui alimente aujourd’hui les interrogations sur la participation effective du PPA-CI aux futurs débats autour de la réforme électorale.

