Réuni avec les partis politiques, la société civile et les médias, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a présenté, lundi 22 juin à Abidjan, les contours d’une réforme électorale ambitieuse reposant sur trois organes distincts. L’objectif affiché est de renforcer la transparence du processus électoral et de restaurer durablement la confiance dans les scrutins.
La Côte d’Ivoire s’apprête à revoir en profondeur son dispositif électoral. Ce Lundi 22 juin à Abidjan, Robert Beugré Mambé a présenté les grandes lignes de la réforme électorale. Le Premier ministre a annoncé la création d’une nouvelle architecture reposant sur trois structures distinctes. L’objectif est de renforcer la transparence et la crédibilité des scrutins. Cette réforme intervient un mois et demi après la dissolution de la CEI.
Le gouvernement a acté cette dissolution lors du Conseil des ministres du 6 mai dernier. À la Primature, le chef du gouvernement s’est adressé aux partis politiques, à la société civile et aux médias. Il a expliqué que cette réforme vise à adapter le système électoral aux attentes des citoyens. « Aucune institution n’est figée. Aucun modèle n’est parfait », a déclaré Robert Beugré Mambé, estimant que les évolutions politiques et sociales imposent une modernisation constante des mécanismes de gestion des élections.
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Un nouveau modèle pour éviter les contestations
Le gouvernement entend tirer les enseignements des crises électorales qui ont marqué l’histoire récente du pays. Avant 1990, l’administration publique organisait directement les élections en Côte d’Ivoire. L’avènement du multipartisme a ensuite favorisé la création d’organes électoraux indépendants. Créée en 2001, la CEI a supervisé plusieurs consultations électorales majeures. Elle a notamment organisé quatre élections présidentielles, un référendum et plusieurs scrutins locaux. Toutefois, selon Robert Beugré Mambé, les crises de 2000, 2010 et 2020 ont révélé les limites du modèle actuel.
« Ni la présence des partis politiques ou de la société civile au sein des organes, ni l’équilibre arithmétique des forces au sein de la CEI n’ont suffi à ramener durablement la confiance », a-t-il souligné.*
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Trois entités pour gérer le processus électoral
Pour répondre aux critiques récurrentes, l’exécutif propose désormais une séparation des responsabilités. Le futur dispositif reposera sur trois organes spécialisés. Le premier aura pour mission d’assurer l’organisation matérielle des élections. Le deuxième sera chargé du recensement et de la compilation des votes, avec l’objectif de garantir la fiabilité des résultats. Le troisième exercera une fonction de supervision et de contrôle du processus électoral. Cette nouvelle organisation vise notamment à mieux encadrer les étapes les plus sensibles des élections, la gestion de la liste électorale, le dépouillement des suffrages et la validation de la régularité des opérations.
« La transparence n’affaiblit pas l’État de droit. Elle le renforce », a affirmé le Premier ministre.
Au-delà de la réforme institutionnelle, le gouvernement veut accélérer la transformation numérique du processus électoral. L’utilisation des nouvelles technologies pourrait concerner l’inscription des électeurs, la transmission des données et la publication des résultats. Robert Beugré Mambé a toutefois insisté sur la nécessité de sécuriser ces outils à travers des audits et des garanties juridiques afin de préserver la confiance des acteurs.
La réforme prévoit également une meilleure prise en compte des jeunes, des femmes, des personnes en situation de handicap, des primo-votants et des Ivoiriens vivant à l’étranger, afin de favoriser une participation plus inclusive. Le gouvernement veut également renforcer l’éducation civique pour accompagner cette transformation. Le Premier ministre a appelé les partis politiques, la société civile et les médias à contribuer à un climat électoral plus apaisé.
« Nous voulons que les élections ne soient plus des moments de peur, mais des moments de choix », a-t-il déclaré.
Le contenu détaillé de la réforme sera présenté dans les prochaines semaines. Le principal défi restera de convaincre l’ensemble des acteurs politiques que cette nouvelle architecture peut durablement renforcer la confiance dans les urnes et réduire les tensions autour des échéances électorales.


