Société




Lutte contre le racket routier : un adjudant condamné à 5 ans de prison pour extorsion de fonds

La justice militaire ivoirienne a rendu une décision ferme contre les pratiques de racket présumées au sein des forces de…

La justice militaire ivoirienne a rendu une décision ferme contre les pratiques de racket présumées au sein des forces de sécurité. Le Tribunal militaire d’Abidjan a condamné, le 4 juin 2026, l’adjudant K.K.D. à cinq ans d’emprisonnement ferme après l’avoir reconnu coupable d’extorsion de fonds et de violation de consigne.

En plus de cette peine privative de liberté, le sous-officier devra s’acquitter d’une amende de 500 000 francs CFA. Le tribunal a également ordonné la publication de la décision dans les casernes sur l’ensemble du territoire national et délivré un mandat de dépôt à son encontre.  Les faits reprochés remontent au 16 janvier 2026. Selon les éléments examinés par la juridiction militaire, l’adjudant aurait installé un poste de contrôle sans autorisation régulière et sans disposer des carnets de contraventions nécessaires.

Au cours de cette opération, il aurait intercepté deux motocyclistes qui circulaient sans casque. Des agents chargés de surveiller les pratiques de racket ont alors enregistré la scène en vidéo. Ces éléments ont permis aux enquêteurs d’établir qu’une somme de 5 000 francs CFA avait été remise au militaire lors de cette intervention.

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La défense évoque un geste de clémence

À la barre, l’adjudant K.K.D. a reconnu avoir procédé à l’interpellation des deux usagers pour défaut de casque, mais a contesté l’accusation d’extorsion. Il a expliqué avoir immobilisé leur motocyclette avant que les conducteurs ne lui proposent plusieurs sommes d’argent pour récupérer leur engin. Selon lui, les 5 000 francs CFA reçus auraient été acceptés par compassion après de longues discussions. Une version qui n’a toutefois pas convaincu le tribunal militaire.

Dans sa décision, la juridiction a estimé qu’un agent chargé de faire respecter la loi ne peut percevoir d’argent en dehors des procédures prévues par les textes. Les juges ont considéré que la remise de fonds, intervenue à la suite d’un échange avec les usagers après la constatation d’une infraction routière, constituait un acte répréhensible. Le tribunal n’a donc pas retenu l’argument de la clémence avancé par la défense.

Au-delà du cas de l’adjudant K.K.D, cette condamnation envoie un message clair sur les exigences d’intégrité imposées aux forces de défense et de sécurité. À travers cette décision, la justice militaire rappelle que les agents chargés de faire respecter la loi doivent eux-mêmes se conformer aux règles qui encadrent l’action publique. La lutte contre le racket routier demeure ainsi un enjeu majeur pour préserver la confiance entre les citoyens et les institutions.



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