Sans abri après les déguerpissements à Abidjan, un mécanicien retrouvé mort dans un camion à Vridi Canal

La mairie de Port-Bouët a annoncé la découverte du corps sans vie de Bougoum Issouf dans la cabine d'un camion…

La mairie de Port-Bouët a annoncé la découverte du corps sans vie de Bougoum Issouf dans la cabine d’un camion stationné à Vridi Canal. Le corps du mécanicien a été retrouvé vendredi 12 juin 2026 dans un état de décomposition avancée, selon un communiqué de la municipalité.

Les circonstances exactes du décès restent pour l’heure inconnues. Les autorités compétentes ont été saisies et une enquête a été ouverte afin de déterminer les causes de sa mort.

Un drame sur fond de déguerpissements

D’après les informations rapportées par le frère du défunt, Bougoum Issouf aurait été directement affecté par les récentes opérations de déguerpissement menées par le District autonome d’Abidjan. Après la destruction de son habitation, l’homme aurait d’abord conduit son épouse et leurs trois enfants à Vridi Ako afin de les mettre en sécurité. Il serait ensuite retourné à Vridi Canal pour récupérer quelques effets personnels qu’il avait réussi à sauver.

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La nuit tombée, Bougoum Issouf se serait retrouvé dans l’impossibilité de traverser la lagune pour rejoindre sa famille. Sans solution d’hébergement, il aurait décidé de passer la nuit dans la cabine d’un camion garé dans le garage où il travaillait comme mécanicien. Les personnes présentes ont finalement découvert son corps dans ce véhicule plusieurs jours plus tard.

« Son corps est retrouvé sans vie, en état de putréfaction, dans ledit camion », précise le communiqué de la mairie

Dans son communiqué, la mairie de Port-Bouët a présenté ses condoléances à la famille du défunt et exprimé sa solidarité à l’ensemble des familles touchées par les opérations de déguerpissement.

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En attendant les conclusions de l’enquête, ce drame relance les interrogations sur les conséquences sociales des déguerpissements qui ont récemment affecté plusieurs quartiers du District autonome d’Abidjan.

Un bras de fer qui s’intensifie

La mairie de Port-Bouët et le District autonome d’Abidjan entretiennent des relations particulièrement tendues au moment où les autorités découvrent le corps de Bougoum Issouf. Depuis plusieurs semaines, les deux institutions s’affrontent autour des opérations de démolition menées dans plusieurs quartiers de la commune, notamment à Vridi 3, Zimbabwe, Campement TP et aux abords du marché de nuit.

La municipalité reproche au District un manque de concertation dans la conduite de ces opérations. Elle affirme avoir adressé, le 29 mai dernier, un courrier demandant des éclaircissements sur le devenir de plusieurs zones concernées. Selon les autorités communales, le District n’a apporté aucune réponse avant de lancer les démolitions dès le lendemain.

Au-delà du dialogue institutionnel, le Conseil municipal dénonce également les conséquences sociales de ces déguerpissements. Les élus affirment que les opérations ont contraint de nombreuses familles à abandonner leurs habitations sans mesures d’accompagnement adéquates, alors que la saison des pluies est en cours. Une séquence vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux a récemment illustré cette tension, montrant une vive altercation entre le maire Sylvestre Emmou et des agents présents sur un site de démolition.

Face à cette situation, les autorités municipales réclament la suspension des opérations en cours, la publication des actes administratifs ayant autorisé les destructions ainsi que la mise en place d’un dispositif d’assistance en faveur des populations touchées.

Alors que l’enquête sur le décès de Bougoum Issouf se poursuit, cette affaire pourrait raviver davantage les tensions déjà vives entre la mairie de Port-Bouët et le District autonome d’Abidjan.

Le District autonome d’Abidjan rejette pour sa part ces critiques. L’institution justifie ses interventions par des impératifs de sécurité publique, d’assainissement urbain et de lutte contre les inondations. Elle soutient agir dans le cadre de la modernisation de la capitale économique et conteste toute accusation d’opérations irrégulières.

Plusieurs quartiers d’Abidjan impactés

Les opérations de déguerpissement menées par le District autonome d’Abidjan se poursuivent dans plusieurs quartiers de la capitale économique, en pleine saison des pluies. Ces interventions ciblent des zones jugées à risque et s’inscrivent dans une politique de réaménagement urbain touchant différentes communes.

Pour le gouvernement, ces actions visent à rétablir l’ordre urbain et à protéger les populations installées dans des zones jugées dangereuses. Le porte-parole Amadou Coulibaly assure qu’il ne s’agit pas de pénaliser les habitants, mais de leur offrir de meilleures conditions de vie et de lutter contre l’insalubrité.

Sur le terrain politique, la méthode employée est vivement contestée. Plusieurs responsables dénoncent la brutalité des opérations et l’absence d’accompagnement suffisant pour les familles concernées. Le député de Port-Bouët, Alain Adja, critique une approche qu’il estime défavorable aux populations vulnérables, tandis que le COJEP appelle à privilégier la concertation et la planification.

Ces opérations concernent notamment des zones comme Vridi-Canal, identifiées depuis plusieurs années comme exposées aux risques naturels, notamment l’érosion côtière et la proximité de lignes à haute tension. Dans un contexte de vives tensions, le débat reste ouvert entre impératifs de sécurité urbaine et préoccupations sociales.

Mairie de Port-Bouet Officiel
© Mairie de Port-Bouet Officiel



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