La controverse autour des 34 hectares revendiqués à Koumassi Campement continue de susciter de vives réactions. Au centre des discussions, l’ancien adjoint au maire Alloui Brou Jacques, qui affirme détenir ce vaste domaine à l’origine d’une importante opération de déguerpissement, fait désormais l’objet de questionnements du PDCI-RDA sur la légalité et les conditions d’acquisition de ce patrimoine.
Réuni en conférence de presse ce mardi 10 juin au siège du parti à Cocody, le porte-parole du PDCI-RDA, Bredoumy Soumaïla Traoré, a indiqué ne pas reconnaître clairement l’appartenance de l’intéressé aux instances du parti. Selon lui, même si un lien politique avait existé, celui-ci ne saurait en aucun cas constituer une protection face à d’éventuelles irrégularités.
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Des interrogations sur la gestion du foncier
Le porte-parole du PDCI-RDA a exprimé son étonnement face à la taille du patrimoine revendiqué. Il s’interroge sur la possibilité, pour un ancien élu local, de disposer d’un domaine de 34 hectares en plein Abidjan, tout en soulignant la nécessité d’éclaircissements sur cette affaire.
« Un ancien adjoint au maire PDCI de Koumassi ? Je ne sais pas s’il est encore membre des instances du parti. Moi, je ne l’ai jamais vu ici »; « Ce n’est pas parce que tu es adjoint au maire au titre du PDCI-RDA que si tu as fait quelque chose de mauvais, nous, on ne va pas critiquer », a-t-il déclaré.
Pour le responsable politique, le dossier dépasse le cadre individuel et pose plus largement la question de la gouvernance et de la transparence dans la gestion du foncier urbain. Au-delà du cas d’Alloui Brou Jacques, le PDCI-RDA estime que tous les éléments de l’affaire ne sont pas encore révélés. Le parti évoque la possibilité de responsables ou bénéficiaires non identifiés derrière cette opération foncière. Selon son porte-parole, plusieurs zones d’ombre persistent et pourraient être levées au fil des investigations.
« Ça ressemble un peu à un film où on a caché le visage de la vraie personne. (…) Ceux qui sont derrière, qui poussent là, ça va sortir », a-t-il soutenu.
Une opération de déguerpissement aux lourdes conséquences sociales
Le 3 juin dernier, une opération d’expulsion a conduit à la démolition de plusieurs habitations de la cité Houphouët-Boigny, dite Grand Campement, à la suite d’une décision de justice favorable à Alloui Brou Jacques. Depuis ces destructions, de nombreuses familles se retrouvent sans abri. Certains habitants affirment avoir perdu tous leurs biens, tandis que d’autres contestent la légitimité de l’opération malgré la détention de documents administratifs.
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Le chef suprême de la cité Grand Campement, Nanan Marcellin Koffi, a dénoncé un manque de concertation avec les autorités traditionnelles. Selon lui, certaines zones détruites ne relèvent pas du périmètre concerné par le litige foncier. Alors que les autorités gouvernementales ont suspendu temporairement les démolitions en raison de la saison des pluies et des examens scolaires, la situation reste marquée par de nombreuses incertitudes et tensions locales.

