Le bras de fer entre Fousseni Konaté et le maire d’Adjamé, Farikou Soumahoro, connaît un nouveau développement judiciaire. L’opérateur économique et militant du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) a été condamné à un mois de prison ferme, mardi 3 novembre 2026, à l’issue de son procès devant le tribunal de première instance d’Abidjan, au Plateau.
À l’origine de cette affaire judiciaire, les déclarations publiques de Fousseni Konaté sur la gestion de la commune d’Adjamé. L’opérateur économique, militant de longue date du RHDP et présenté par certains de ses proches comme un potentiel candidat aux prochaines élections municipales, avait vivement critiqué les actions de l’équipe municipale dirigée par Farikou Soumahoro.
Lors d’une cérémonie dont il était le parrain, début octobre, il avait notamment mis en cause la réalisation de certains projets communaux. Selon ses déclarations, la construction d’un commissariat et la réhabilitation de foyers de jeunes figureraient dans les documents administratifs sans se traduire par des réalisations visibles sur le terrain.
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Ses critiques avaient également porté sur les dépenses consacrées à l’acquisition de véhicules de luxe et sur les pressions que subiraient, selon lui, les personnes dénonçant la gestion municipale. Ces prises de position ont conduit le maire Farikou Soumahoro à déposer une plainte pour diffamation contre l’opérateur économique.
Les conseillers municipaux défendent le bilan de la municipalité
Face aux accusations formulées contre l’équipe municipale, les conseillers municipaux d’Adjamé avaient organisé une rencontre avec la presse afin d’apporter leur réponse et de soutenir le député-maire. À cette occasion, leur porte-parole, Bamba Soumaïla, avait présenté des données de la Direction financière faisant état d’un taux d’exécution financière d’environ 4 % pour les dépenses d’investissement concernées.
Les élus avaient également tenu à préciser qu’une inscription budgétaire ne signifie pas que les sommes prévues ont déjà été effectivement dépensées. Tout en reconnaissant des retards dans l’exécution de certains chantiers, ils avaient assuré que les projets concernés n’étaient pas abandonnés. La municipalité avait alors fixé comme objectif la livraison des ouvrages concernés avant la mi-2027.
Après son audition au parquet d’Abidjan et son passage devant le tribunal de première instance du Plateau, Fousseni Konaté a écopé d’un mois de prison ferme. Selon les informations communiquées par son entourage, la condamnation porte finalement sur des faits d’« invective par le biais d’un système numérique », et non sur le chef initial de diffamation.
La décision a été annoncée dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux par le service de communication de l’opérateur économique. Réagissant au verdict, un proche de Fousseni Konaté a indiqué que son équipe prenait acte de la décision judiciaire, tout en exprimant sa déception : « Nous respectons la décision de la justice, même si nous aurions espéré un verdict autre que celui condamnant M. Konaté ».
Un éventuel appel encore à l’étude
La question d’un recours contre cette condamnation reste pour l’heure ouverte. Selon l’entourage de l’intéressé, une rencontre avec son conseil est prévue afin d’examiner les suites judiciaires à donner à cette affaire et de déterminer si un appel sera engagé. Dans l’attente de cette décision, l’équipe de Fousseni Konaté a lancé un appel au calme et à la responsabilité. Elle invite ses sympathisants, ses proches ainsi que les populations d’Adjamé à faire preuve de sérénité face à cette situation.

