Assalé Tiémoko interpelle le RHDP : « Laissons de côté les menaces et faisons la bataille des idées »

Dans une déclaration au ton ferme, Assalé Tiémoko Antoine défend le droit de critiquer le pouvoir et dénonce les pressions…

Dans une déclaration au ton ferme, Assalé Tiémoko Antoine défend le droit de critiquer le pouvoir et dénonce les pressions qu’il affirme subir depuis qu’il s’attaque à la gouvernance du RHDP. S’appuyant sur son expérience passée au sein de la presse d’opposition au régime de Laurent Gbagbo, il appelle à privilégier le débat d’idées plutôt que les menaces et les intimidations.

« L’opposition n’est pas un délit. »

C’est autour de cette conviction qu’Assalé Tiémoko Antoine construit sa prise de position. Dans son message, il rappelle que la critique du pouvoir constitue, selon lui, un exercice normal de la démocratie et affirme vouloir continuer à dénoncer les insuffisances de la gouvernance, quel que soit le parti au pouvoir.

Pour étayer son propos, il revient sur son parcours journalistique entre mars 2009 et juillet 2011, période durant laquelle il a travaillé pour Le Nouveau Réveil, un journal proche du PDCI, alors membre du RHDP. Il affirme avoir publié de nombreux articles critiques à l’égard du régime de Laurent Gbagbo, notamment sur la hausse des prix du carburant et des denrées alimentaires, les délestages électriques, les difficultés de transport, la corruption et la marche des femmes de Yopougon contre la faim.

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Assalé Tiémoko souligne qu’à cette époque, ses articles, analyses et pamphlets étaient appréciés par des responsables et sympathisants du RDR. Il déplore aujourd’hui ce qu’il considère comme un changement d’attitude à l’égard de la critique politique, estimant que des prises de position autrefois saluées sont désormais perçues comme des attaques contre le pouvoir.

Assalé Tiémoko dénonce les pressions après ses critiques du pouvoir

Le journaliste et homme politique affirme que ses critiques de la gouvernance du RHDP déclenchent régulièrement des réactions hostiles. Il évoque la mobilisation de cybermilitants, les interventions de responsables du parti et les prises de position de certains intellectuels qu’il accuse de réclamer son emprisonnement ou de lui demander des excuses.

Il dénonce également la multiplication de débats sur TikTok consacrés à sa personne, affirmant que certains espaces de discussion semblent désormais tourner autour de son nom. Avec une pointe d’ironie, il reconnaît que cette attention permanente peut être flatteuse, avant de rappeler ce qu’il considère comme l’essentiel : le droit d’un opposant à exprimer librement ses critiques. Pour Assalé Tiémoko, la mission d’une opposition consiste précisément à dénoncer les insuffisances du pouvoir en place et à proposer une autre voie aux citoyens lors des élections. Il estime que cette démarche relève du fonctionnement normal de la démocratie, sauf à considérer que celle-ci aurait été suspendue.

« Je suis resté le même. Seul le pouvoir a changé de camp »

Dans son argumentaire, Assalé Tiémoko établit un parallèle entre les critiques formulées autrefois contre le régime Gbagbo et celles qu’il adresse aujourd’hui au RHDP. Il rappelle que le RDR, puis le RHDP, ont eux-mêmes exercé une opposition politique entre 1994 et 2010. Il affirme ainsi vouloir poursuivre le même engagement, indépendamment de l’identité du parti au pouvoir. « Je suis resté le même. Seul le pouvoir a changé de camp », soutient-il, résumant sa position par la volonté de défendre le bien-être de l’ensemble des Ivoiriens.

Il fait également référence à l’appel du président Alassane Ouattara en faveur de l’émergence d’une nouvelle génération d’acteurs politiques. À ses yeux, son engagement dans le débat public s’inscrit dans cette perspective. Il insiste sur les moyens qu’il dit utiliser pour porter ses convictions : « un stylo et des mots ».

Vie chère, corruption et éducation : les priorités qu’il veut remettre au centre du débat

Au-delà de sa défense personnelle, Assalé Tiémoko appelle ses contradicteurs à déplacer la confrontation vers les problèmes quotidiens des populations. Il cite notamment la cherté de la vie, la corruption, les conséquences environnementales de l’orpaillage et les difficultés du système éducatif. Sur ce dernier point, il évoque les faibles performances d’une majorité d’enfants en mathématiques, en lecture et en écriture, qu’il présente comme le signe d’une crise silencieuse de l’éducation.

Pour lui, ces questions devraient occuper une place centrale dans les échanges politiques, plutôt que les attaques personnelles et les appels à des sanctions contre les voix critiques. Il invite ainsi les responsables et les militants du RHDP à privilégier la confrontation des idées et la discussion sur les solutions à apporter aux préoccupations des citoyens.

Un appel à une opposition libre et à l’alternance démocratique

En conclusion, Assalé Tiémoko plaide pour une opposition capable de s’exprimer sans crainte de menaces ou d’intimidations. Il estime qu’une démocratie ne peut fonctionner durablement avec une opposition silencieuse, mais nécessite au contraire des acteurs politiques libres de questionner l’action du gouvernement. Son message se termine sur une adresse directe aux responsables et aux militants du RHDP. Il les invite à envisager qu’ils puissent eux-mêmes se retrouver un jour dans l’opposition et à reconnaître, dès aujourd’hui, la nécessité de préserver un espace de critique politique.

Malgré la fermeté de son propos, Assalé Tiémoko conclut sur une note ironique et conciliante, affirmant son affection à l’égard de ses contradicteurs. Son message reste néanmoins centré sur une revendication essentielle : faire de la confrontation des idées, et non des menaces, le moteur du débat politique ivoirien.



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