À la suite d’une mobilisation de fidèles réclamant le départ du pasteur Kata Alexandre, le préfet de Danané, Vincent Hahoutou N’Guessan, a ordonné, dimanche 25 octobre 2026, la fermeture temporaire de l’église des Assemblées de Dieu de Gahiéville. Au cœur de la contestation : le non-respect présumé d’une décision de mutation et des accusations de division au sein de la communauté religieuse.
À Gahiéville, l’église annexe restera fermée jusqu’à nouvel ordre, conformément à la décision prise par le préfet du département, Vincent Hahoutou N’Guessan. Cette mesure intervient au lendemain d’un rassemblement de fidèles venus réclamer le départ du pasteur Kata Alexandre, dont le maintien dans la localité suscite une vive contestation.
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Une mutation contestée au cœur de la crise
Affecté à Grand-Zattry par le bureau national des Assemblées de Dieu lors de la pastorale de juillet 2026, le pasteur Kata Alexandre n’a toujours pas rejoint son nouveau poste. En service à Danané depuis 2004, il se retrouve ainsi au centre d’un différend qui oppose une partie des fidèles à leur responsable religieux.
Pourtant, son successeur, le pasteur Dja Hervé, est déjà présent dans la ville depuis deux mois. Il exerce à l’église mère du quartier Gningleu, aux côtés du pasteur Guy Kada. Pour les manifestants, l’heure est désormais à l’application de la décision de mutation prise par les instances nationales de leur confession. La mobilisation a réuni des fidèles issus de plusieurs paroisses de Danané sur le site de l’église annexe de Gahiéville. Munis de pancartes, les protestataires ont affiché leur opposition au maintien du pasteur.
« Kata va à Zatry », « Kata va où le Seigneur t’envoie » et « Nous fatigués de la division » figuraient parmi les messages visibles lors du rassemblement.
Au-delà de la question de la mutation, les manifestants dénoncent un climat de division qu’ils jugent préjudiciable à la vie de l’église. Certains messages évoquaient notamment des séparations de couples et la montée de la haine au sein de la communauté. Les protestataires affirment également avoir saisi le bureau national par l’intermédiaire de la structure régionale, sans obtenir de réponse. Face à ce qu’ils considèrent comme une absence de solution, ils réclament désormais l’exécution de la décision d’affectation.
Des accusations contre le pasteur, sans réponse de l’intéressé
Les griefs exprimés par les manifestants dépassent le seul refus présumé de rejoindre le nouveau poste. « Qu’il soit affecté ou pas, on ne veut plus de lui à Danané. Il a divisé l’église », a déclaré Doya Pierre, l’un des protestataires.
De son côté, Deli Benoît reproche au pasteur de privilégier certains fidèles au détriment d’autres groupes. Mangbli Odette l’accuse, pour sa part, d’entretenir des relations conflictuelles avec des membres de la communauté dan et de s’être approprié des biens de l’église, notamment des terrains, une maison, un champ et une école. Ces accusations, formulées par les manifestants, n’ont pas pu être confrontées à la version du pasteur Kata Alexandre dans les informations recueillies sur place.
Alertée, la police s’est rendue sur les lieux sur instruction du préfet. Les deux camps ont ensuite été conduits au commissariat pour être entendus sur les circonstances du différend. À l’issue des auditions, le commissaire, en contact avec le président régional des Assemblées de Dieu, a décidé de confier le dossier à ce responsable religieux. Cette orientation a été prise à la demande d’un émissaire de la région et conformément aux instructions du préfet.

