Réforme électorale : « Cette séance d’information a été unilatérale, en simplex » Pascal Affi N’Guessan (CAP-CI)

La réforme du système électoral ivoirien continue de susciter de vives réactions dans l’opposition. Lors d’une conférence de presse tenue…

La réforme du système électoral ivoirien continue de susciter de vives réactions dans l’opposition. Lors d’une conférence de presse tenue jeudi 25 juin 2026 au siège du Front populaire ivoirien (FPI), la Coalition pour une Alternance Pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI) a livré son analyse de la rencontre organisée quelques jours plus tôt par le gouvernement autour de la création d’un nouvel organe chargé de l’organisation des élections.

La CAP-CI a pris la parole après la réunion tenue le lundi 22 juin à la Primature, où le gouvernement a convié plusieurs partis politiques et organisations de la société civile à une séance d’information sur le projet de réforme visant à remplacer la Commission électorale indépendante (CEI).

Après avoir reçu le compte rendu de son président et examiné les orientations présentées par le Premier ministre Robert Beugré Mambé, la conférence des présidents de la CAP-CI a dénoncé une rencontre qu’elle juge déséquilibrée. Selon la coalition, le gouvernement aurait davantage livré une présentation qu’engagé un véritable échange avec les parties prenantes.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



« Cette séance d’information a été unilatérale, en simplex. Le gouvernement aurait pu nous éviter les contraintes du déplacement à la Primature en utilisant les canaux de la radio nationale ou de la télévision pour passer son message », a-t-il déclaré.

 

La CAP-CI critique le contenu de la réforme annoncée

Pour la coalition, la méthode adoptée par l’exécutif ne répond pas aux exigences d’une réforme électorale crédible. Elle estime que les discussions autour de l’avenir de l’organe électoral ne peuvent se limiter à une simple présentation des propositions gouvernementales. La CAP-CI rappelle que le Premier ministre a lui-même reconnu que la question électorale constitue un enjeu majeur, directement lié à la souveraineté nationale, à la légitimité des institutions et à la stabilité du pays.

Mais pour l’organisation politique, les conclusions tirées par le gouvernement comporteraient des contradictions. Elle partage notamment le constat selon lequel les crises électorales passées ont fragilisé la cohésion nationale, tout en contestant l’analyse selon laquelle les différents cycles électoraux auraient également démontré la maturité démocratique du pays.

Au cœur des critiques de la CAP-CI figure la question de la confiance dans le processus électoral. La coalition estime que la réforme doit d’abord répondre aux causes profondes de la défiance des acteurs politiques et des citoyens envers les institutions chargées des élections. Selon elle, le problème ne réside pas uniquement dans l’organisation matérielle des scrutins, mais dans la neutralité, l’impartialité et la crédibilité de l’ensemble du dispositif électoral.

« Le malheur de la défunte CEI a deux noms : sa caporalisation et son instrumentalisation par le gouvernement et le RHDP », a-t-il affirmé.

La CAP-CI conteste ainsi l’idée d’une architecture reposant sur trois piliers distincts, un organe chargé de l’organisation matérielle des élections, un autre dédié au recensement et au comptage des voix, et un troisième chargé de la supervision et du contrôle du processus. Pour la coalition, la séparation des missions ne suffira pas à garantir la confiance si les principes d’indépendance et d’équité ne sont pas pleinement assurés.

 

La CEI au centre des critiques de la coalition

Revenant sur le bilan de l’ancienne Commission électorale indépendante, la CAP-CI estime que ses difficultés étaient liées à son fonctionnement et à son manque d’autonomie. La coalition accuse notamment le pouvoir en place et le RHDP d’avoir exercé une influence excessive sur l’institution électorale, empêchant selon elle une représentation équilibrée de l’opposition et de la société civile.

Elle considère que toute nouvelle réforme doit tirer les leçons du passé afin d’éviter de reproduire les mêmes erreurs et de créer les conditions de futures contestations électorales. La coalition critique également les conditions d’organisation de la rencontre du 22 juin, notamment le choix des participants et l’absence de visibilité sur les prochaines étapes du processus.

« Cette séance d’information a été unilatérale, en simplex. Le gouvernement aurait pu nous éviter les contraintes du déplacement à la Primature en utilisant les canaux de la radio nationale ou de la télévision pour passer son message », a-t-il déclaré.

 

LIRE AUSSI : Réforme électorale : le PDCI-RDA met en garde le gouvernement contre toute démarche unilatérale

Selon elle, certaines formations politiques régulièrement engagées dans les compétitions électorales n’auraient pas été associées aux échanges, tandis que d’autres acteurs auraient été privilégiés. Face à ces inquiétudes, la CAP-CI appelle à l’ouverture d’un véritable dialogue politique réunissant toutes les forces représentatives, les organisations de la société civile ainsi que les différentes parties prenantes.

Pour la coalition, la stabilité du pays dépendra de la capacité des acteurs politiques à construire un organe électoral accepté par tous. Elle estime que la confiance ne pourra naître que d’une démarche fondée sur la transparence, l’équilibre et le consensus national.

 



Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP

À LIRE AUSSI

À LIRE AUSSI

© Pascal Affi N’Guessan
26 juin 2026

La réforme du système électoral ivoirien continue de susciter de vives réactions dans…

© Gouv CI
26 juin 2026

Quarante-trois dossiers d’infractions routières ont été passés en revue par la Commission technique…

© Tidjane Thiam
26 juin 2026

En s’imposant avec maîtrise face à Curaçao (2-0), jeudi 25 juin 2026 à…