Côte d’Ivoire : le gouvernement ouvre le dialogue à l’opposition sur la réforme électorale

La réforme de la gouvernance électorale entre dans une nouvelle étape en Côte d’Ivoire. Le gouvernement a lancé, lundi 28…

La réforme de la gouvernance électorale entre dans une nouvelle étape en Côte d’Ivoire. Le gouvernement a lancé, lundi 28 septembre 2026, une série de consultations avec les partis d’opposition afin de recueillir leurs propositions sur la mise en place du futur système électoral.

À son cabinet, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé, a successivement reçu des représentants du PDCI-RDA, du Front populaire ivoirien (FPI) et d’Aujourd’hui et demain de la Côte d’Ivoire (ADCI).

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Des stratégies différentes au sein de l’opposition

Les consultations ont fait apparaître des approches différentes entre les formations reçues par le ministre. Le PDCI-RDA a choisi de transmettre immédiatement ses propositions. Georges Philippe Ezaley, vice-président et chef de la délégation, a indiqué que le parti souhaite contribuer à la création d’un nouvel organe électoral dans un esprit de consensus, avec l’objectif d’aboutir à des élections paisibles.

Le parti attend désormais le retour du gouvernement et ses observations sur les propositions déposées. Le FPI, en revanche, a décidé de différer la remise de son document. La formation dirigée par Pascal Affi N’Guessan souhaite poursuivre ses discussions avec ses alliés afin de parvenir à une position commune.

Le FPI mise sur une proposition commune

Le FPI entend notamment coordonner sa démarche avec l’ADCI et les groupements politiques signataires du Haut Conseil électoral dirigé par Simone Ehivet Gbagbo. Eddie Ané, secrétaire général adjoint chargé de la Communication du FPI, a expliqué que des discussions étaient en cours. Si elles aboutissent, les différentes formations présenteront une proposition commune. Dans le cas contraire, le FPI déposera ses propres propositions séparément.

Cette différence d’approche illustre les modalités distinctes retenues par les formations politiques pour participer aux consultations engagées par le gouvernement.

Une réforme lancée après la dissolution de la CEI

Le processus actuel intervient un peu plus de trois mois après une rencontre entre le Premier ministre Robert Beugré Mambé et les partis d’opposition. Le 7 mai 2026, à l’issue du Conseil des ministres présidé par le chef de l’État, Alassane Ouattara, le gouvernement avait annoncé la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI).

Cette décision était intervenue dans un contexte marqué par des critiques répétées de l’opposition et de la société civile. Celles-ci portaient notamment sur le caractère consensuel de la CEI, sa proximité présumée avec le pouvoir ainsi que sur certains aspects de l’élaboration de la liste électorale.

L’opposition veut éviter une réforme unilatérale

Le principe d’un nouvel organe électoral est salué par la quasi-totalité des partis d’opposition. Toutefois, les modalités de sa mise en place suscitent déjà des réserves. Les formations concernées demandent au gouvernement de prendre pleinement en compte leurs propositions et d’ouvrir un dialogue politique inclusif. Elles craignent notamment que le gouvernement élabore seul le futur dispositif électoral.

Pour le FPI, les consultations engagées doivent constituer une première étape vers ce dialogue, avant que le projet ne soit transmis aux députés pour adoption.

Une refonte plus large de la gouvernance électorale demandée

Au-delà de la création du futur organe électoral, les partis d’opposition réclament une réforme plus profonde du système de gouvernance des élections. Ils souhaitent notamment garantir une plus grande autonomie du futur organe vis-à-vis de l’exécutif. Ils demandent également une modification des mécanismes de validation des listes électorales afin de renforcer, selon eux, la transparence et la crédibilité des prochains scrutins.

Le gouvernement poursuit ainsi ses consultations avec les différentes forces politiques, tandis que l’opposition avance avec des propositions et des stratégies distinctes autour de la future gouvernance électorale. Cette démarche doit se poursuivre avec d’autres formations politiques, notamment le PPA-CI de Laurent Gbagbo et le Mouvement des générations capables (MGC) de Simone Ehivet Gbagbo, ainsi qu’avec les organisations de la société civile.



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