Côte d’Ivoire : création d’un Institut du Café-Cacao pour renforcer les deux filières

La Côte d’Ivoire veut donner un nouvel élan à la recherche consacrée au café et au cacao. Le Conseil des…

La Côte d’Ivoire veut donner un nouvel élan à la recherche consacrée au café et au cacao. Le Conseil des ministres a adopté, mercredi 23 septembre 2026, la création de l’Institut du café et du cacao, une structure destinée à améliorer la productivité et la compétitivité des deux filières face aux exigences du marché mondial.

Le futur institut devra s’appuyer sur des technologies de pointe et des compétences spécialisées. Son fonctionnement reposera également sur un réseau associant les universités ivoiriennes, les centres d’excellence régionaux et les organisations internationales.

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Divo choisi pour accueillir le futur institut

Le complexe de recherche sera construit sur le site de la station du Centre national de recherche agronomique (CNRA) à Divo, dans le centre-ouest du pays. Ce choix s’explique notamment par les ressources déjà disponibles sur place. La station dispose de banques de parcelles expérimentales matures consacrées au café et au cacao, constituant un patrimoine biologique destiné à soutenir les travaux de recherche.

Le cacao face à plusieurs défis

La création de cet institut intervient dans un contexte où le cacao occupe une place majeure dans l’économie ivoirienne. Pour la campagne 2025-2026, la production nationale est estimée à près de 2,2 millions de tonnes, soit environ 40 % de l’offre mondiale. Selon le gouvernement, la filière représente également près de 17 % du PIB ivoirien et constitue une source importante de revenus pour les populations rurales.

Ces performances restent toutefois confrontées à plusieurs contraintes. Le vieillissement des vergers, le changement climatique, la dégradation des sols et les maladies pèsent sur la productivité des plantations. Parmi les principales préoccupations figure le Swollen Shoot, une maladie virale qui touche les cacaoyers. Le nouvel institut devra notamment contribuer à la mise au point de variétés plus résistantes et à l’amélioration des rendements.

La recherche au service de la transformation locale

Le futur dispositif devra également accompagner les ambitions de transformation du cacao en Côte d’Ivoire. Au cours de la campagne 2025-2026, plus de 754 000 tonnes de fèves ont été transformées localement.

Le gouvernement vise désormais un taux de transformation locale de 50 % à l’horizon 2030, contre environ 42 % en 2024. Cette orientation vise à réduire la dépendance à l’exportation de fèves brutes et à favoriser le développement des activités industrielles liées au cacao.

Le café au cœur de la relance

L’Institut du café et du cacao devra aussi s’attaquer aux difficultés rencontrées par la filière café. Autrefois importante dans les exportations agricoles ivoiriennes, celle-ci connaît une forte baisse de sa production. Selon les données du Conseil du Café-Cacao, la production est passée de 81 972 tonnes en 2023/2024 à 24 832 tonnes en 2024/2025. Cette évolution représente une chute de près de 70 %.

La relance du café constitue ainsi un autre enjeu du nouvel institut, notamment pour diversifier les cultures de rente et soutenir les revenus agricoles. Avec cette nouvelle structure, la Côte d’Ivoire entend donc renforcer simultanément la recherche, la productivité et la compétitivité de deux filières majeures de son économie.



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