Lors d’une conférence de presse ce mercredi 30 septembre 2026, le Syndicat national des agriculteurs de Côte d’Ivoire (Synap-CI) a annoncé une nouvelle phase de sa mobilisation contre le prix de 1 200 FCFA le kilogramme fixé pour la campagne cacaoyère 2026-2027.
Après une tournée menée du 21 au 26 septembre dans plusieurs zones productrices, le syndicat entend désormais porter la contestation à Abidjan. Parmi les actions annoncées figure notamment une marche en direction de la Caisse de stabilisation et de soutien des prix des productions agricoles (Caistab).
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Le mot d’ordre de non-vente maintenu
Pour le président du Synap-CI, Koné Moussa, la tournée nationale effectuée du 21 au 26 septembre dans plusieurs zones de production de café-cacao a permis de mesurer la mobilisation des producteurs. Selon le responsable syndical, les producteurs rencontrés ont respecté le mot d’ordre appelant à ne pas vendre leur cacao au prix de 1 200 FCFA durant la campagne 2026-2027.
Le niveau de rémunération fixé pour la nouvelle campagne demeure ainsi au cœur du différend. Koné Moussa estime que ce prix ne répond pas aux attentes des producteurs ivoiriens, notamment au regard des niveaux de prix évoqués dans certains pays de la sous-région.
« Il n’y a pas quelqu’un qui attrape machette pour aller au champ, qui peut applaudir 1 200 francs, pendant que tes voisins payent à 2 200 francs. Tous ceux qui se réjouissent sont ici à Abidjan, dans leur bureau, et ils parlent au nom des producteurs », a-t-il déclaré.
Une marche annoncée sur la Caistab
Le Synap-CI entend désormais élargir son mouvement à Abidjan. Le syndicat déplore également la vente anticipée ainsi que la non-augmentation des prix en Côte d’Ivoire, alors que, selon ses responsables, une évolution des prix intervient ailleurs. Koné Moussa a ainsi annoncé une nouvelle phase de la mobilisation, avec la venue à Abidjan des membres du syndicat pour une manifestation devant la Caistab.
« Nous allons passer à une autre étape de notre lutte. Et nous allons faire remonter tous les membres du Synap-CI uniquement à Abidjan pour une marche sur la Caistab », a-t-il annoncé.
Pour le Synap-CI, le débat ne se limite toutefois pas au prix du kilogramme de cacao. Le syndicat inscrit ses revendications dans une problématique plus large concernant les conditions de vie des familles rurales dont les revenus dépendent de l’activité agricole. Koné Moussa met notamment en avant les dépenses liées à la scolarisation des enfants, à l’accès aux soins et à l’entretien des exploitations. Pour lui, la rémunération du cacao doit permettre aux producteurs de faire face à ces différentes charges.
« Il touche à une réalité plus profonde : la dignité de milliers de familles rurales, dont les revenus, la scolarisation des enfants, l’accès aux soins, l’entretien des exploitations et, plus largement, les conditions de vie dépendent directement du fruit de leur travail », a-t-il soutenu.
Le syndicat associe également à ses revendications les difficultés liées à la commercialisation du cacao ainsi que la question du départ du directeur général du Conseil du Café-Cacao.
Une mobilisation engagée depuis septembre
Cette nouvelle annonce intervient après la grève entamée le 16 septembre 2026 et la tournée nationale conduite quelques jours plus tard, du 21 au 26 septembre, dans plusieurs régions productrices de café-cacao. Selon Koné Moussa, cette tournée poursuivait trois objectifs : recueillir les préoccupations des producteurs au plus près du terrain, renforcer la cohésion du mouvement syndical et maintenir une mobilisation qualifiée de « responsable » jusqu’à l’obtention de réponses concrètes.
Malgré l’annonce de nouvelles actions, le Synap-CI affirme toutefois rester disponible pour dialoguer avec les autorités. Le syndicat souhaite que d’éventuelles discussions soient « constructives, sincères » et débouchent sur des mesures concrètes en réponse aux préoccupations exprimées.
« Car la lutte engagée n’est pas celle d’un homme. Elle est celle de milliers de producteurs, qui aspirent simplement à vivre dignement du fruit de leur labeur », a conclu Koné Moussa.

