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Cacao : le Ghana relève son prix à 42 400 cedis, l’écart se creuse avec la Côte d’Ivoire

La différence de rémunération entre les planteurs ivoiriens et ghanéens continue de s’accentuer. Le Ghana a relevé, le 25 septembre,…

La différence de rémunération entre les planteurs ivoiriens et ghanéens continue de s’accentuer. Le Ghana a relevé, le 25 septembre, le prix du cacao payé à ses producteurs à 42 400 cedis la tonne pour la campagne 2026-2027. En Côte d’Ivoire, le prix bord champ demeure fixé à 1 200 F CFA le kilo depuis le 1er septembre.

Cette divergence intervient pourtant quelques mois après un engagement commun d’Abidjan et d’Accra en faveur d’un rapprochement des prix versés aux producteurs. Les deux pays avaient également annoncé leur volonté de renforcer leur coopération dans le secteur cacaoyer.

 

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À Biankouma, les planteurs dénoncent un prix jugé insuffisant

Dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, la question du prix nourrit les inquiétudes des producteurs. À Biankouma-Village, le planteur Guy Jérôme se souvient notamment du niveau atteint lors de la précédente campagne. Il affirme avoir vendu jusqu’à 500 kilos de cacao à 2 800 F CFA le kilo l’année dernière.

Alors qu’il a déjà engagé des dépenses pour rémunérer les ouvriers de sa plantation, il déplore aujourd’hui la baisse du prix. Pour lui, les producteurs doivent pouvoir compter sur le prix annoncé au moment où ils prennent leurs engagements.

Une baisse de 57 % par rapport à la précédente campagne principale

La Côte d’Ivoire avait annoncé son prix pour la campagne principale 2026-2027 le 1er septembre, à l’occasion de l’ouverture des Journées nationales du cacao et du chocolat. Le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, avait alors fixé le cacao à 1 200 F CFA le kilo, tandis que le café était établi à 1 300 F CFA.

Ce niveau correspond à celui retenu pour la campagne intermédiaire, arrêté en mars par le Conseil du Café-Cacao après la baisse des cours mondiaux. Comparé aux 2 800 F CFA le kilo de la campagne principale précédente, le prix actuel représente une diminution de 57 %. Le gouvernement ivoirien explique ce maintien par la forte volatilité du marché du cacao et par les ventes déjà réalisées à terme. La Côte d’Ivoire commercialise en effet une importante partie de sa récolte à l’avance afin de garantir un prix fixe aux producteurs.

Selon des sources gouvernementales citées par Reuters le 31 août, le Conseil du Café-Cacao aurait conclu plus de 1,1 million de tonnes de contrats à bas prix pendant la période de recul du marché. Une revalorisation du prix payé aux planteurs aurait ainsi nécessité, selon ces sources, une nouvelle intervention financière de l’État.

 

Le Ghana relève son prix à 42 400 cedis la tonne

Au Ghana, la campagne 2026-2027 a démarré le 25 septembre, soit plus de trois semaines après celle de la Côte d’Ivoire. Le Cocobod a fixé le prix à 42 400 cedis la tonne, contre 41 392 cedis lors de la précédente saison. Le nouveau tarif représente 2 650 cedis pour un sac de 64 kilos.

Selon le communiqué du Cocobod, ce montant correspond à 71,18 % de la valeur à l’exportation, dépassant ainsi le seuil de 70 % garanti aux producteurs par la nouvelle loi ghanéenne sur le cacao. Le précédent prix équivalait déjà à environ 2 000 F CFA le kilo, selon une estimation de Reuters reprise par Abidjan.net.

L’harmonisation promise entre Abidjan et Accra mise à l’épreuve

La différence actuelle entre les deux prix tranche avec l’engagement pris par les présidents ivoirien Alassane Ouattara et ghanéen John Dramani Mahama le 16 juin à Abidjan. Dans leur déclaration commune, les deux dirigeants avaient placé l’harmonisation des prix aux producteurs et le renforcement du différentiel de revenu décent au centre de leur alliance cacaoyère. La Côte d’Ivoire et le Ghana représentent à eux deux environ 60 % de la production mondiale de cacao.

L’écart n’est toutefois pas nouveau. Après la baisse du prix ivoirien en mars, le Ghana rémunérait déjà ses planteurs près de 44 % davantage, selon un calcul de Ghana Fact. À la mi-septembre, MyJoyOnline indiquait également que le Ghana s’était engagé à harmoniser sa politique cacaoyère avec celle de la Côte d’Ivoire, alors qu’Abidjan avait annoncé son prix avant Accra.

À ce stade, ni la Côte d’Ivoire ni le Ghana n’ont déclaré caduc leur accord.

 

La crainte d’un déplacement des fèves vers le Ghana

Cette différence de prix fait également ressurgir la question de la contrebande aux frontières. Dès le 12 février, le ministre ghanéen des Finances, Cassiel Ato Forson, avait évoqué le risque d’une circulation du cacao ivoirien vers le Ghana.

Des acteurs de la filière cités par MyJoyOnline le 16 septembre estiment que le niveau du prix ivoirien pourrait encourager des fèves à prendre la direction du Ghana, mais aussi du Liberia et de la Guinée. De son côté, le Cocobod présente son nouveau prix comme un dispositif destiné notamment à réduire la contrebande.

En Côte d’Ivoire, le SYNAP-CI maintient la pression

La contestation se poursuit également sur le terrain. Depuis le 16 septembre, le Syndicat national agricole pour le progrès de Côte d’Ivoire (SYNAP-CI) appelle à une grève illimitée. À Biankouma, son président, Koné Moussa, a demandé aux producteurs de ne pas commercialiser leur cacao. Le syndicat considère le prix de 1 200 F CFA le kilo comme insuffisant et réclame également le départ de Yves Koné Brahima, directeur général du Conseil du Café-Cacao.

Le mouvement est toutefois diversement suivi. RFI le jugeait très peu suivi le 17 septembre, tandis que l’Organisation interprofessionnelle agricole Café-Cacao appelait les producteurs à ne pas retenir leurs récoltes. Le cacao occupe une place majeure dans l’économie de la Côte d’Ivoire. Selon les chiffres cités par Abidjan.net, la filière représente 17 % du PIB ivoirien et mobilise 40 % de la main-d’œuvre active.

Face aux difficultés du secteur, le ministre de l’Agriculture avait annoncé, le 1er septembre, 280 milliards de F CFA d’appuis directs à la filière, financés par l’État et le Conseil du Café-Cacao.



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