À Badikaha, dans le département de Niakara, au Centre-Nord de la Côte d’Ivoire, la présence répétée d’éléphants devient une source d’inquiétude pour les populations. Les incursions des pachydermes dans les zones cultivées provoquent des dégâts aux plantations et font craindre des incidents avec les habitants.
La situation s’est de nouveau manifestée mardi 29 septembre 2026. Un troupeau d’éléphants s’est retrouvé à proximité de Kouroukouna, un village de la sous-préfecture de Badikaha, perturbant temporairement la circulation sur la Nationale A3. Face à la présence des animaux près de cet axe international, les usagers ont dû interrompre momentanément leur trajet.
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Des agriculteurs hésitent désormais à rejoindre leurs champs
Dans les zones de culture, la crainte gagne également les producteurs. Certains expliquent avoir renoncé à se rendre dans leurs exploitations, redoutant de croiser les éléphants ou de retrouver leurs cultures endommagées.
« Nous avons peur d’aller dans nos champs, surtout lorsque nous savons que les éléphants peuvent y être présents. Nous ne pouvons pas prendre le risque de les affronter pour sauver nos cultures », témoigne Zanga Ouattara, 49 ans, cultivateur à Badikaha.
Pour Yéo Ardjouma, qui exploite un champ dans un hameau de cultures situé près de Badikaha, la répétition de ces incursions pourrait avoir des conséquences durables sur l’agriculture locale.
« Si cette situation continue pendant plusieurs années, beaucoup de producteurs finiront par abandonner leurs champs. Il faut trouver une solution qui protège à la fois les populations et les éléphants », plaide-t-il.
L’inquiétude ne concerne pas uniquement les agriculteurs. Les habitants vivant aux abords du site 2 de la Sucrerie africaine en Côte d’Ivoire (SUCAF-CI 2), dans la sous-préfecture de Badikaha, sont eux aussi confrontés à cette situation. Le 5 septembre 2026, un éléphant a grièvement blessé un cultivateur qui tentait de le faire fuir de son exploitation. Après l’incident, les secours l’ont pris en charge au CSU de Badikaha avant de l’évacuer vers le CHR de Ferkessédougou.
Les autorités appellent à ne pas provoquer les animaux
Dans un communiqué publié le 27 septembre, le ministère des Eaux et Forêts a confirmé la recrudescence des conflits entre les populations et les éléphants dans plusieurs localités du pays, parmi lesquelles Badikaha. Le ministère rappelle également que l’éléphant est une espèce intégralement protégée. Il recommande aux populations de ne pas chercher à repousser ou à provoquer les animaux et les invite plutôt à prévenir les autorités ainsi que les services forestiers compétents.
Face à la multiplication des incursions, les populations de Badikaha souhaitent un renforcement des dispositifs de surveillance, de prévention et de sécurisation dans les secteurs les plus exposés.
Les exploitations agricoles et les axes de circulation figurent notamment parmi les zones pour lesquelles les habitants demandent davantage d’actions préventives. Au-delà des dégâts déjà constatés dans les cultures, les producteurs craignent surtout les conséquences économiques d’un abandon progressif des champs.
L’agriculture constituant une source importante de revenus et de subsistance pour de nombreuses familles, les populations appellent les autorités administratives et les services techniques compétents à renforcer les mesures permettant de limiter les risques d’incidents, tout en assurant la préservation des éléphants.

