Après la disparition de Georges Taï Benson, Ahouman Gaël Lakpa lui rend un hommage poignant. Proche du pionnier de la RTI, le consultant médias salue la mémoire d’un « grand homme de culture » et dénonce, dans le même temps, ce qu’il perçoit comme l’hypocrisie du milieu culturel et médiatique ivoirien. Un témoignage marqué par la douleur, les souvenirs et des vérités longtemps tues.
Hier, à 21h28, alors que je rentrais chez moi, je reçois un appel. Celui d’un ami de longue date qui me dit m’avoir vu après du doyen Georges Taï Benson (la légende) dans un reportage de la RTI faisant écho à son brutal décès. Il était étonné et m’a demandé si je le connaissais. J’ai répondu par l’affirmative, en précisant même que c’était l’un de mes doyens. Il était l’ami intime de mon Papa, Monsieur Benoît Brown. Dans le reportage, à partir de la minute 1:34, nous étions avec lui au dernier concert d’Aïcha Koné.
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Un grand homme de culture
C’était donc l’un de mes doyens à Abidjan. On se voyait chez mon Papa Brown, à la Palmeraie, chez lui-même à la maison et dans certaines autres cérémonies. C’était un grand homme de ce pays. Un grand homme de culture. Un dinosaure. Un précurseur de la RTI. Un père. Un patriarche. Un homme de cœur. Aujourd’hui, à son décès, comme souvent dans notre univers ivoirien, les éloges, les qualificatifs ne manquent pas. Ils fusent de toute part. Et c’est une bonne chose.
Mais vous pourrez vous poser la question suivante :
« Mais si tu as été aussi proche de lui, pourquoi, depuis l’annonce de son décès, tu n’as encore rien dit ? Aucune publication, aucun post, aucune déclaration officielle ? »
Je comprends bien cette question légitime. Je répondrai tout simplement que les grandes douleurs sont muettes. Et je suis encore plus silencieux face à ce que je perçois comme l’hypocrisie de l’univers culturel et médiatique de notre pays.
Je me demande si c’est vraiment de GTB que les gens parlent aujourd’hui, lui qui disait être fermé de partout. Ses projets bloqués de partout. Bref… Je n’ai pas envie de parler. Mais ceux qui ont pu le suivre de près ou de loin savent. Raison pour laquelle je suis silencieux. Reconnaissons à l’homme ce qu’il a été pour ce pays et ce qu’il sera dans l’histoire. Hommes hypocrites comme hommes sincères, rendons au moins l’hommage mérité à cet homme en or qui s’en va rejoindre son père, Félix Houphouët-Boigny, au royaume de ceux qui ne reviennent plus.
La Côte d’Ivoire vient de perdre une figure majeure de son histoire audiovisuelle et culturelle. Les sources officielles et l’AIP le présentent comme un pionnier de la télévision et des médias ivoiriens, dont la carrière à la RTI a marqué plusieurs générations.
Yako particulier à mon Papa, Benoît Brown, lui qui est encore vivant et aussi oublié par ce pays. Je connais sa douleur. Grande est-elle. Que Dieu lui-même le fortifie.
Doyen Georges Taï Benson, que ton âme repose en paix.
Ahouman Gaël Lakpa
Consultant Médias Analyste Politique et Écrivain Ivoirien.
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