La tension s’intensifie entre la mairie du Plateau et le District autonome d’Abidjan. Jeudi 24 septembre, le député-maire Jacques Gabriel Ehouo a tenu un point de presse consacré aux événements survenus dans la nuit du 10 au 11 septembre. Pour cette prise de parole, l’édile était entouré de représentants de la notabilité coutumière, de filles et fils de la commune, ainsi que de plusieurs personnalités politiques et administratives.
Au centre de cette mobilisation figure la destruction de l’espace Oxy Park 2, un aménagement intégré au projet municipal de valorisation des berges baptisé « La Promenade Lagunaire ».
Selon la municipalité, cet espace, financé par les contribuables, devait contribuer à embellir le littoral autour de la gare sud, renforcer l’attractivité touristique du Plateau et proposer aux riverains un cadre de détente sécurisé. Le projet s’inscrivait sur un tracé allant de la gare multimodale au pont Général de Gaulle.
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Des gravats au lendemain de l’intervention
Au matin du 11 septembre, les riverains ont découvert les lieux jonchés de gravats. D’après la municipalité, des engins de chantier seraient intervenus aux alentours de 23 heures, sans présence des forces de l’ordre, mais accompagnés d’individus armés de machettes. La mairie qualifie cette intervention de clandestine. Elle affirme également que le site concerné avait atteint près de 90 % de réalisation et que son dossier avait été validé par la tutelle de la mairie.
Avant l’intervention de Jacques Ehouo, la directrice de l’Environnement et du Cadre de vie de la mairie, Dr Aka Bénédicte épouse Kablan, a présenté les différents objectifs liés à l’aménagement de la berge.
Selon elle, le projet devait notamment permettre de préserver l’environnement, d’améliorer le cadre de vie et de sécuriser la zone. La municipalité met également en avant la création d’emplois locaux ainsi que le renforcement de l’attractivité touristique au cœur du centre des affaires.
Un désaccord sur les compétences du District
Sur le plan juridique, la municipalité conteste également la compétence du District autonome d’Abidjan dans ce dossier. Elle s’appuie sur une analyse selon laquelle l’intervention du gouverneur Cissé Bacongo violerait l’article 172 de la Constitution ivoirienne, qui garantit la libre administration des collectivités territoriales.
Pour Jacques Ehouo, l’intervention ne se limite donc pas au retrait de vieux conteneurs, qui constituait le motif initialement annoncé. Le maire considère cette opération comme un nouvel épisode d’une série de destructions ayant déjà concerné d’autres sites de la commune. Jacques Ehouo dénonce ce qu’il considère comme un abus de pouvoir ainsi qu’un gaspillage de deniers publics.
Face à cette situation, le Conseil municipal du Plateau annonce son intention de saisir les instances juridiques et administratives compétentes. La municipalité entend ainsi faire valoir ses droits et protéger les autres investissements municipaux qu’elle estime menacés.

