Réforme électorale en Côte d’Ivoire : Vincent Toh Bi s’oppose à un rôle des préfets dans l’organisation des scrutins

Le débat sur la réforme du système électoral en Côte d’Ivoire continue d’alimenter les réactions au sein de la classe…

Le débat sur la réforme du système électoral en Côte d’Ivoire continue d’alimenter les réactions au sein de la classe politique. Dans une publication diffusée sur ses réseaux sociaux, l’ancien préfet d’Abidjan et président du mouvement Aube Nouvelle, Vincent Toh Bi Irié, s’est prononcé contre toute implication des préfets et sous-préfets dans l’organisation des prochaines élections, estimant qu’une telle option risquerait d’affaiblir l’autorité de l’État et d’exposer davantage l’administration territoriale aux controverses politiques.

Cette prise de position intervient quelques jours après la rencontre organisée, le lundi 22 juin 2026, entre le Premier ministre Robert Beugré Mambé, les partis politiques et des représentants de la société civile. À cette occasion, le chef du gouvernement a présenté les grandes lignes d’une réforme appelée à remplacer l’ancienne Commission électorale indépendante (CEI), dissoute en Conseil des ministres le 7 mai 2026.

Le projet gouvernemental prévoit la mise en place d’un nouveau dispositif articulé autour de trois organes distincts. Le premier serait chargé de l’organisation matérielle des élections, le deuxième du recensement et de la centralisation des suffrages afin de garantir la sincérité des résultats, tandis que le troisième assurerait les missions de supervision et de contrôle du processus électoral.

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Vincent Toh Bi met en garde contre une implication du corps préfectoral

Pour Vincent Toh Bi, le corps préfectoral ne doit pas être associé à la gestion des scrutins, au risque de voir sa neutralité remise en cause dans un contexte politique souvent marqué par de fortes tensions.

« Dans un pays où tous les partis au pouvoir ont toujours voulu conserver le pouvoir pour la vie, en réduisant à néant, par des artifices institutionnels et sécuritaires, les opposants, les élections deviennent l’opportunité de violence extrême. C’est pour cette raison que, dans les débats que le Gouvernement a initiés pour une réforme électorale, il ne faut pas mêler les préfets et sous-préfets à nos palabres politiques et à des suspicions de partialité », a-t-il déclaré.

Pour appuyer son analyse, l’ancien préfet évoque un épisode remontant à 1995 à Tiémé, dans le département d’Odienné. Il rappelle que des populations avaient alors agressé un sous-préfet, qu’elles accusaient, avec l’ensemble du corps préfectoral, d’avoir organisé un scrutin contesté marqué par l’exclusion du RDR.

Préserver la crédibilité de l’administration territoriale

Selon Vincent Toh Bi, préserver la neutralité du corps préfectoral constitue un enjeu majeur pour maintenir l’autorité de l’État. Vincent Toh Bi estime que les préfets et sous-préfets garantissent la stabilité institutionnelle, la sécurité et le développement du pays. Il considère qu’il ne faut pas les exposer aux contestations politiques liées aux processus électoraux.

« Il faut confier l’organisation des élections à un corps indépendant, qui n’aura pour unique mission que les élections. Le corps préfectoral est l’un des corps les plus puissants de Côte d’Ivoire sur lequel repose la stabilité, la sécurité et le développement du pays. Si les populations déshonorent ce corps ou doutent de lui à cause des élections, l’autorité de l’État sera affaiblie, ce qui est encore plus grave pour notre pays », a-t-il soutenu.

Le gouvernement engage cette réforme électorale dans un contexte où les précédents scrutins ont régulièrement suscité des contestations. Les crises liées aux élections de 2020, puis les critiques formulées contre la CEI lors des consultations de 2025, continuent d’alimenter les débats sur les garanties d’impartialité du futur dispositif.

LIRE AUSSI : Réforme électorale : la Côte d’Ivoire tourne la page de la CEI et mise sur un système à trois organes

Si le principe d’une nouvelle architecture institutionnelle semble désormais acté par le gouvernement, l’opposition réclame une participation pleine et entière aux discussions afin de parvenir à un consensus sur les règles du jeu électoral. Pour plusieurs acteurs politiques, cette concertation apparaît indispensable pour renforcer la crédibilité des futures institutions chargées d’organiser les élections et prévenir de nouvelles tensions.



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