Le président du Conseil stratégique et politique du PPA-CI, Sébastien Dano Djédjé, est attendu à la cellule antiterroriste le lundi 12 octobre 2026. Une convocation déposée au siège de son parti, le 9 octobre, intervient dans un contexte marqué par les poursuites judiciaires visant plusieurs responsables de cette formation politique.
Sébastien Dano Djédjé est convoqué à la cellule antiterroriste pour le lundi 12 octobre 2026. Selon une source du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), contactée par Linfodrome, le document lui étant destiné a été déposé au siège du parti le vendredi 9 octobre.
Pour l’heure, aucune indication officielle n’a été communiquée sur les motifs de cette convocation. Les faits sur lesquels les enquêteurs souhaitent entendre le responsable politique ne sont pas davantage précisés.
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L’affaire Justin Koné Katinan en toile de fond
Le placement sous mandat de dépôt de Justin Koné Katinan fait suite à une procédure liée aux troubles électoraux de 2025. L’ancien ministre du Budget est poursuivi pour terrorisme, complot contre l’autorité de l’État, participation à un mouvement insurrectionnel et atteinte à l’ordre public.
Quelques jours avant son incarcération, le 3 septembre 2026, il avait accusé le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) d’être lié à l’essor de l’orpaillage illégal. En réaction, le parti au pouvoir avait porté plainte contre lui, le 7 septembre, pour diffamation, injure et diffusion de fausses nouvelles.
Toutefois, le placement sous mandat de dépôt de Justin Koné Katinan relève d’une autre procédure, liée aux événements électoraux de 2025. Cette distinction est importante alors que la convocation de Sébastien Dano Djédjé suscite des interrogations au sein du paysage politique ivoirien.
Dano Djédjé, un acteur central de la stratégie du PPA-CI
Depuis la réorganisation de la direction du PPA-CI, en août 2026, Sébastien Dano Djédjé occupe la présidence du Conseil stratégique et politique. Laurent Gbagbo lui a confié la coordination générale ainsi que la supervision des différentes structures du parti.
Le responsable politique a également joué un rôle dans la mise en place du Front commun, une alliance entre le PPA-CI et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA). Cette coalition s’est notamment constituée autour de revendications portant sur la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI), l’audit du fichier électoral et la réinscription sur la liste électorale de plusieurs responsables politiques exclus.
Dans le cadre de cette mobilisation, le Front commun a organisé des marches de protestation contre la gestion du processus électoral, dont celle du 11 octobre 2025. Les autorités avaient alors qualifié ces rassemblements de troubles à l’ordre public. Pour autant, les raisons de la convocation de Sébastien Dano Djédjé n’ayant pas été révélées, aucun lien direct ne peut être établi entre cette procédure et ses responsabilités au sein du Front commun.
Une condamnation judiciaire remontant à 2015
Le parcours judiciaire de Sébastien Dano Djédjé remonte également à plusieurs années. En 2015, il avait été condamné à 30 mois de prison ferme et à une amende de 100 000 FCFA, aux côtés de Justin Koua et de Nestor Dahi, pour « discrédit sur décision de justice et atteinte à l’ordre public », selon un compte rendu d’audience correctionnelle du tribunal de première instance d’Abidjan.
Les trois responsables avaient été arrêtés le 4 mai 2015, à la suite d’une réunion de partisans d’Aboudramane Sangaré organisée à Mama, dans la région de Gagnoa. Au cours de cette rencontre, Laurent Gbagbo avait été désigné président du Front populaire ivoirien (FPI), une décision contestée par la direction du parti reconnue par la justice.
À l’issue du procès, Me Ange Rodrigue Dadjé, avocat de la défense, avait dénoncé la décision judiciaire et annoncé son intention de faire appel.

