Réforme électorale en Côte d’Ivoire : « On ne m’a pas informé », la réponse de Mr Coulibaly à la demande de dialogue de l’opposition

Le gouvernement ivoirien n’a annoncé aucune ouverture formelle d’un dialogue national sur la réforme de l’organe électoral, malgré la demande…

Le gouvernement ivoirien n’a annoncé aucune ouverture formelle d’un dialogue national sur la réforme de l’organe électoral, malgré la demande formulée le 13 octobre par 14 partis et groupements de l’opposition. À l’issue du Conseil des ministres du mercredi 14 octobre, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a défendu la démarche de consultation engagée par le ministère de l’Intérieur, qui doit recueillir et examiner les propositions des acteurs politiques avant la transmission d’un document final à l’Assemblée nationale.

Face aux interrogations sur la suite du processus de réforme électorale, Amadou Coulibaly a rappelé que les formations politiques avaient été invitées à soumettre leurs recommandations au ministère de l’Intérieur.  Selon lui, plusieurs partis ainsi que des organisations de la société civile ont déjà répondu à cette sollicitation. Lors du compte rendu du Conseil des ministres, tenu au palais présidentiel le 14 octobre, le porte-parole a réaffirmé la position des autorités :

« Le gouvernement a invité les partis politiques à faire leurs propositions ».

Amadou Coulibaly écarte toute annonce d’un dialogue national

Interrogé sur l’éventualité d’un dialogue national après la saisine de la Primature par les 14 partis de l’opposition, le porte-parole du gouvernement n’a confirmé aucune initiative en ce sens.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



« On ne m’a pas informé qu’il y aura un dialogue national donc je ne peux pas porter cette information », a-t-il déclaré.

Pour justifier le choix des consultations conduites par le ministère de l’Intérieur, Amadou Coulibaly s’est appuyé sur les conclusions du dernier dialogue politique. Selon son interprétation de ces conclusions, la Côte d’Ivoire n’est plus dans une situation de crise et dispose désormais d’institutions installées et opérationnelles. Il estime, dans cette logique, que la gestion du processus électoral relève de l’administration du territoire.

« La question des élections relève de l’administration du territoire. Il est donc tout à fait normal que ce soit le ministère de l’Intérieur qui soit mis en avant », a-t-il expliqué.

La confiance entre acteurs politiques au cœur de la démarche

Le porte-parole du gouvernement a également rappelé les consultations organisées à la suite de la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI). Le 22 juin 2026, le Premier ministre Robert Beugré Mambé avait reçu, à la Primature, des représentants des partis politiques et de la société civile afin de leur présenter la nouvelle architecture de la gouvernance électorale.

Le dispositif présenté reposait sur trois piliers : l’organisation matérielle des élections, le recensement des votes et un organe de contrôle. Selon Amadou Coulibaly, cette rencontre répondait à la nécessité de restaurer la confiance entre les différents acteurs. Il affirme que cette même volonté a motivé la démarche du ministère de l’Intérieur, qui a adressé des courriers aux partis politiques pour les inviter à transmettre leurs propositions.

« C’est au nom de ce besoin qu’il a reçu tous les acteurs politiques et la société civile. C’est au nom de ce même besoin que le ministère de l’Intérieur a écrit aux partis politiques pour les inviter à venir déposer leurs propositions. […] Donc l’ouverture est faite », a-t-il soutenu.

Pour le gouvernement, le processus de consultation constitue ainsi une ouverture au dialogue avec les acteurs concernés, même si aucune nouvelle rencontre nationale réunissant l’ensemble des parties n’a été annoncée.

Le précédent du dialogue politique de 2021-2022

La dernière grande séquence de dialogue politique réunissant le gouvernement, les partis et la société civile s’est déroulée du 16 décembre 2021 au 4 mars 2022, sous la conduite de l’ancien Premier ministre Patrick Achi. Ces discussions avaient abouti à un rapport final consensuel comportant plusieurs recommandations relatives à l’apaisement du climat politique et au cadre électoral.

Depuis cette période, les échanges sur la réforme électorale ont principalement pris la forme de consultations et de collecte de propositions, plutôt que celle d’une nouvelle table ronde rassemblant l’ensemble des acteurs politiques. C’est précisément cette approche que les 14 partis et groupements de l’opposition souhaitent voir évoluer. En réclamant un dialogue national, ils demandent une concertation plus large autour de la mise en place du nouvel organe électoral.

Sur le calendrier de la réforme, Amadou Coulibaly a indiqué que les propositions reçues feraient l’objet d’un examen destiné à identifier les points d’accord possibles entre les différents contributeurs.

« Elles seront analysées et des points de convergence, parce que certainement il y en aura, seront dégagés », a-t-il précisé.

Une majorité parlementaire largement dominée par le RHDP

La composition de l’Assemblée nationale constitue un autre enjeu du processus. Le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), parti au pouvoir, y détient 196 sièges sur 255, contre 31 sièges pour le PDCI-RDA, principale force d’opposition mentionnée dans ce rapport de forces. Cette configuration confère au parti au pouvoir une majorité très large dans l’hémicycle. L’opposition dispose, pour sa part, d’un poids numérique nettement inférieur, ce qui limite sa capacité à faire obstacle à l’adoption du texte ou à peser seule sur son contenu.

Dans ce contexte, les opposants dénoncent le risque d’une adoption du projet gouvernemental sans compromis politique préalable, une situation qu’ils associent à la notion de « majorité mécanique ». Le débat sur la réforme électorale se joue donc à deux niveaux : la méthode de concertation retenue par le gouvernement et les conditions dans lesquelles le futur dispositif sera examiné par les députés.



Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP

À LIRE AUSSI

À LIRE AUSSI

© Himra
15 octobre 2026

Le rappeur ivoirien Himra s’apprête à relever un défi inédit. À quelques semaines…

© Amadou Coulibaly
15 octobre 2026

Le gouvernement ivoirien n’a annoncé aucune ouverture formelle d’un dialogue national sur la…

© Mel Touré / JDA
15 octobre 2026

Le presse ivoirienne de ce jeudi 15 octobre 2026 accorde une large place…